
En septembre 2023, le projet d’études à Montréal de Hakim Mokwena connaissait des débuts difficiles. Ayant entamé son processus d’immigration tardivement en raison de circonstances personnelles, l’étudiant du Botswana s’est retrouvé dans une course contre la montre qu’il était en train de perdre.
« J’ai commencé tard, et ça m’a joué un mauvais tour quand les cours ont commencé. Ce n’est pas pour rien que les webinaires des Services aux étudiants internationaux recommandent aux étudiants de présenter leur demande d’admission tôt. Je n’ai obtenu mon permis d’études que trois semaines après le début des cours. J’ai dû rattraper mon retard, ce qui a été très difficile, raconte-t-il. Cette expérience m’a montré que la chose la plus importante pour les étudiants internationaux est de présenter rapidement leurs documents d’immigration, pour s’épargner du stress et des nuits blanches! »
Malgré ces contretemps initiaux, Hakim Mokwena considère désormais Montréal comme sa deuxième maison. Au cours des deux années qui ont suivi son arrivée, l’étudiant en finance, en plus de trouver sa place au sein de la communauté, sur le campus et dans la ville, s’est véritablement épanoui.
Une vie universitaire enrichissante
Hakim Mokwena n’a pas décidé de déménager au Canada sur un coup de tête. Lauréat de la prestigieuse bourse d’études Botswana Top Achievers, créée par le gouvernement du Botswana, il a pris le temps de faire des recherches approfondies sur les universités et les villes qui pourraient l’aider à façonner son avenir. Il a choisi Montréal.
« J’ai fait des recherches sur les meilleures universités du monde, et j’ai été attiré par le programme de finance de McGill, qui jouit d’une excellente réputation, explique-t-il. Après avoir trouvé le programme, j’ai regardé sur YouTube des vidéos de personnes qui étudient à l’Université McGill. Plus je m’informais, plus l’idée de venir ici me séduisait. »
Pour l’étudiant, la vie sur le campus était aussi importante que les études. Les premiers mois ont été difficiles. Déterminé toutefois à tirer le meilleur parti de son expérience universitaire, il est sorti de sa zone de confort pour rencontrer de nouvelles personnes et se créer un réseau de soutien loin de chez lui.
« Au départ, j’étais assez réservé, car je suis arrivé tard, et les activités avaient déjà commencé. Mais j’ai décidé de me lancer, de suivre mes passions et de me joindre à différents groupes à McGill, ce qui a changé ma vie. J’ai rencontré mon meilleur ami dans l’Association des étudiantes et étudiants africains de McGill. Les activités organisées par l’Association me permettent d’échanger sur ma culture et sur moi-même, et de découvrir les autres, leur langue et leur cuisine. Queer McGill m’a également offert une chose que je n’avais jamais connue dans mon pays : un espace pour les personnes queers. J’ai pu rencontrer beaucoup de gens qui me ressemblent. »
« J’ai senti que j’étais vraiment à ma place ici »
Avant de fixer son choix, Hakim Mokwena a cru bon d’explorer les possibilités offertes par la vie à Montréal. Il s’était fait une idée des activités culturelles de la ville grâce à Instagram et Facebook, avant de tomber sur la page de la Montreal Kiki Ballroom Alliance. Le Kiki Ball est une activité queer périodique, où l’on voit des participants s’affronter dans différentes catégories, du voguing au défilé.
« Je suis allé à mon premier bal environ un mois après mon arrivée, raconte l’étudiant. Ce moment a été très spécial pour moi : c’était la première fois que je me retrouvais dans une pièce où il n’y avait que des personnes queers. Une immense joie m’a envahi, j’ai senti que j’étais vraiment à ma place ici, que ma décision de déménager n’était pas une erreur. »
Ne souhaitant pas perdre cette joie, Hakim Mokwena s’est entraîné pour participer au volet amateur du bal, et il a même été invité à se joindre à d’autres groupes.
« Je m’étais donné pour mission d’assister à un bal dès mon arrivée à Montréal, et je vais enfin offrir ma première performance à la fin du mois! »
Un regard vers l’avenir
Hakim Mokwena souligne le rôle important que ses amis ont joué dans la vie qu’il s’est bâtie loin de chez lui.
« Il peut être difficile de mûrir, d’apprendre à devenir adulte, surtout si votre principal réseau de soutien se trouve à des milliers de kilomètres, observe-t-il. La meilleure façon de surmonter ces défis est de trouver d’autres réseaux plus près de soi. J’ai des amis plus âgés qui viennent aussi du Botswana, mais j’ai rencontré de nouvelles personnes grâce aux clubs et aux activités de McGill, et j’ai tissé avec elles des liens très solides qui dureront toute ma vie. »
Sur le point d’entamer sa deuxième année à la Faculté de gestion Desautels, l’étudiant a les yeux tournés vers l’avenir, mais il n’a pas oublié son pays natal.
« Je suis vraiment reconnaissant pour toutes les possibilités qui m’ont été offertes à McGill. J’aimerais poursuivre mes études après mon baccalauréat, si possible à McGill. Je prévois d’acquérir de l’expérience professionnelle, puis de mettre mes connaissances à profit dans mon pays, le Botswana. »