
Le 11 avril auront lieu les toutes premières retrouvailles du Programme d’études en gestion intégrée (PEGI). Plus de 300 diplômées et diplômés se réuniront pour saluer les hauts faits du programme qui a donné un nouvel élan à l’apprentissage par l’expérience à la Faculté de gestion Desautels.
Dirigé par la professeure Sabine Dhir, le Programme d’études en gestion intégrée repose sur un principe simple : outiller les étudiantes et étudiants au premier cycle, les accompagner et les amener à assumer pleinement leurs décisions pour qu’ils et elles puissent s’attaquer à des enjeux concrets.
« Le Programme a été conçu pour donner aux étudiants la latitude – et la responsabilité – de résoudre des problèmes concrets, souligne Sabine Dhir. Il ne s’agit ni d’une simulation ni d’un concours d’études de cas. Les étudiantes et étudiants abordent des questions de recherche bien réelles et élaborent des projets mis en œuvre au sein de la collectivité. »
Contrairement à de nombreuses initiatives axées sur l’apprentissage par l’expérience, le PEGI allie recherche universitaire, entrepreneuriat social et formation structurée sur le leadership au sein d’un programme unique d’une durée d’un an.
Trois volets, un seul écosystème

Le Programme d’études en gestion intégrée est ouvert à la population étudiante au premier cycle de toutes les facultés. Unique en son genre, l’option phare Recherche et projet communautaire dure deux sessions, mène à l’obtention de six crédits et compte trois volets indissociables.
Le premier volet consiste en un projet dirigé. Les participantes et participants sont mentorés par un ou plusieurs professeurs et participent activement à des travaux de recherche ou à l’élaboration de projets. Ils étudient les fondements des questions posées, le choix des méthodes de recherche et l’interprétation des résultats. Ainsi, les étudiants au premier cycle ont la chance de participer à des travaux de recherche de pointe. Plusieurs d’entre eux poursuivent leurs études aux cycles supérieurs, signent des articles et apprennent à mettre en pratique des concepts théoriques pour répondre à des questions de recherche de grande importance.
« Pour résoudre un problème, il faut d’abord comprendre le monde dans lequel il s’inscrit, explique Sabine Dhir. La recherche renforce l’esprit critique et la prise de décisions fondées sur des données probantes. »
Le deuxième volet prend la forme d’une initiative dans la collectivité. Répartis en petites équipes, les participants cernent un enjeu social en lien avec les objectifs de développement durable des Nations unies, élaborent une solution et s’efforcent de la mettre en œuvre dans les délais impartis par le programme.
Le troisième volet est un cours sur le leadership qui se déroule parallèlement aux deux autres volets. Grâce à des outils tels que les analyses des écarts de résultats et les théories du changement, les étudiants mènent une réflexion sur leurs compétences en gestion et leur style de leadership pendant la réalisation de leurs projets.
« L’introspection est essentielle, affirme Sabine Dhir. Les étudiants doivent prendre le temps de réfléchir à leur manière de diriger, d’une part, et de comprendre les choix qu’ils font, d’autre part. C’est cette prise de conscience qui fait progresser les personnes participantes.
Depuis la nomination de Sabine Dhir à la direction du programme, en 2021, les étudiantes et étudiants ont mené à bien plus de 100 projets de recherche et lancé des dizaines d’initiatives. L’année dernière, une équipe a mis au point une extension Chrome qui mesure la consommation d’eau produite par les conversations avec ChatGPT. Une autre équipe a récupéré du savon usagé dans tout Montréal, l’a désinfecté puis redistribué à des refuges.
« Il y a un cadre, précise Sabine Dhir. Mais à l’intérieur de ce cadre, les étudiants doivent eux-mêmes comprendre et définir le problème. Cette part d’incertitude est intentionnelle : pour diriger, il faut savoir composer avec l’incertitude. »
Cap sur la finance

Izabella Tyc (PEGI 2023, B. Com. 2023) a trouvé la souplesse du programme exigeante, mais formatrice.
« C’est à la fois stimulant et déstabilisant d’entendre Sabine dire : “tout est possible”, précise-t-elle. On peut vraiment explorer n’importe quel sujet. »
Dans le cadre de son initiative, HYGIA, menée lors de son parcours dans l’option Projet communautaire, Izabella Tyc et son équipe ont d’abord peiné à orienter leur projet avant de se tourner vers une analyse financière des projets hydroélectriques sur des territoires autochtones. L’équipe a élaboré un modèle de flux de trésorerie permettant d’estimer les répercussions économiques potentielles de l’absence d’accords de partage des bénéfices.
« Au début, nous ne savions pas exactement où ce projet allait aboutir, explique Izabella. Mais le PEGI nous apprend à mener des recherches approfondies. Si quelque chose ne tient pas, on creuse. On lit les notes de bas de page. On pose de meilleures questions. Ce cadre nous oblige à nous questionner davantage, à dialoguer avec les parties prenantes, à vérifier nos hypothèses et à préciser notre objectif. »
Pour son projet de recherche, Izabella Tyc s’est intéressée au mentorat et aux mesures de soutien structurelles visant à améliorer la rétention des étudiants issus de groupes en quête d’équité au sein de la Faculté de gestion Desautels. Les deux volets ont orienté ses intérêts professionnels vers le développement durable et l’inclusion.
Aujourd’hui, Izabella Tyc occupe le poste d’analyste au sein de l’équipe Services-conseils et financement durable d’une grande institution financière, dans un contexte où les entreprises s’intéressent de plus en plus à l’inclusion financière des populations autochtones dans leurs projets d’envergure. Elle s’est directement appuyée sur ce qu’elle a appris dans l’initiative HYGIA lors de ses échanges avec les parties prenantes.
« J’avais l’impression de rêver, confie-t-elle. En tant qu’analyste en début de carrière, j’ai pu dire : “En fait, j’ai déjà modélisé ce type de situation”. Ce projet m’est concrètement utile dans mon travail actuel. »
La continuité est primordiale
Pour Sabine Dhir, c’est cette continuité qui distingue le PEGI des autres programmes expérientiels.
« Nous ne demandons pas aux étudiants de rendre un rapport et de passer à autre chose, soutient-elle. Nous leur demandons d’acquérir des compétences intellectuelles et éthiques qu’ils seront appelés à mobiliser dans leur parcours professionnel. »
Et à l’approche des retrouvailles, cette ambition se reflète dans le réseau du Programme, qui s’étend de plus en plus.
« Notre objectif est de former des leaders bien informés qui n’attendent pas qu’on leur donne la permission pour changer la donne », conclut Sabine Dhir.