
Lorsque, fraîchement arrivée de New York, Colleen Chang (B.A. 2023) a posé le pied sur le campus du centre-ville de l’Université McGill en 2019, elle était déterminée à tracer sa voie. Passionnée par l’entrepreneuriat et mue par le désir d’agir en faveur du climat, elle s’est mise en quête de possibilités de réseautage et d’apprentissage expérientiel, et ce, malgré les restrictions imposées par la COVID qui l’ont suivie tout au long de ses études.
La détermination de Colleen a porté ses fruits. Aujourd’hui, elle est cheffe de produit chez Tuuli, entreprise torontoise qu’elle a cofondée pendant son baccalauréat. Son logiciel d’IA spécifique à un domaine est conçu pour la gestion du développement immobilier; il permet d’accroître l’efficacité et de réduire l’empreinte carbone des chantiers. Dans ses fonctions, Colleen met à profit les compétences acquises au cours de ses études et de ses stages afin d’œuvrer pour le développement durable.
« Mes stages portaient tous sur la gestion de produits, et c’est un peu ce que je fais actuellement, explique-t-elle. J’aime parler de notre travail, de ce que Tuuli peut apporter. Je veille à ce que nous ne travaillions pas en vase clos, mais plutôt en collaboration avec les entreprises du secteur et en conformité avec leurs besoins. »
L’entreprise propose des outils logiciels alimentés par l’IA qui permettent aux équipes de conception et de construction de mettre leurs données à profit afin de mieux accomplir leur travail. L’outil de gestion du carbone de Tuuli fournit aux promoteurs immobiliers de l’information sur les émissions intrinsèques de carbone liées à un bâtiment, ce qui favorise la prise de décisions écologiques dans le choix des matériaux, des processus et des concepts, explique Colleen. L’entreprise propose également un autre outil, particulièrement intéressant pour les secteurs de l’architecture, du génie et de la construction, qui permet d’automatiser des tâches manuelles. Grâce à cet outil, on peut orienter les entreprises de ces secteurs à la lumière de chantiers antérieurs, ce qui favorise la conception d’un environnement bâti plus durable.
Colleen Chang estime que ses études l’ont vraiment bien préparée à occuper son poste actuel.
« Mon diplôme en informatique et mon bagage me donnent de la crédibilité dans les discussions les plus techniques, mais je peux aussi expliquer ce que nous faisons dans des mots faciles à comprendre, parce que c’est l’expérience que j’ai acquise jusqu’à présent », fait-elle observer.
Changement de trajectoire
Colleen a entrepris son parcours universitaire en suivant les conseils qu’on lui avait prodigués. Naturellement douée pour les mathématiques et les sciences et ayant un penchant pour l’architecture, elle a d’abord été encouragée à étudier en génie civil. Cependant, moins d’un an après le début de ses études, elle a changé de trajectoire : un cours d’informatique de première année avait éveillé son intérêt pour ce domaine.
« J’ai suivi ce cours pendant ma deuxième session, et le potentiel des logiciels comme vecteurs de changement m’est apparu avec tellement de clarté, se remémore-t-elle. Ce domaine m’offrait aussi des possibilités de carrière plus variées que le génie, ce qui me plaisait beaucoup. »
Un cours facultatif suivi en dernière année allait se révéler, lui aussi, déterminant. En effet, l’intérêt qu’éveillait chez elle le rapport entre le développement durable et l’économie a incité Colleen à suivre le cours d’économie écologique du Pr Michael Babcock.
« Pour la première fois, j’avais le sentiment d’interagir d’abord avec une personne, et ensuite avec un professeur, souligne-t-elle. Je lui parlais de l’évolution des choses dans mon entreprise, des solutions pragmatiques à mettre en œuvre pour construire un monde durable qui soit également viable sur le plan économique, ou du sujet très spécialisé auquel je voulais consacrer mon projet final. Comme j’ai fait l’essentiel de mon baccalauréat en ligne (à cause de la pandémie), il n’y a pas beaucoup de professeurs avec lesquels j’ai pu nouer des relations étroites, alors mes échanges avec le Pr Babcock étaient vraiment précieux. »
L’apprentissage au-delà de la salle de classe
Parallèlement à ses cours, Colleen a participé à des programmes d’été sur l’entrepreneuriat, grâce notamment à la prestigieuse bourse Cansbridge, qui permet de faire des stages en Asie, et à Next36, où elle a rencontré les deux personnes avec lesquelles elle a cofondé Tuuli.
« J’ai grandi dans un monde d’entrepreneurs, si bien qu’inconsciemment, j’ai toujours eu en tête, je pense, de lancer mon entreprise à la fin de mes études. Pendant mon baccalauréat, j’étais entourée de personnes à l’esprit entrepreneurial, et bon nombre d’entre elles dirigeaient déjà leur entreprise. Le fait de les côtoyer de si près m’a vraiment aidée à m’imaginer dans la peau d’une entrepreneure. »
Après le programme Next36, Colleen a continué à collaborer avec les cofondateurs de Tuuli; pendant sa dernière session, elle travaillait à temps partiel.
Colleen a obtenu son diplôme et, quelques mois plus tard, l’entreprise a trouvé du financement au sein même de la communauté mcgilloise. En effet, après avoir remporté la première place dans la catégorie « Environnement » de la Coupe Dobson, Tuuli a réussi à obtenir du financement qui a permis à l’équipe d’élargir encore davantage son réseau d’affaires.
Comme l’explique Colleen, « le Centre Dobson nous a très certainement ouvert des portes auxquelles nous n’avions pas accès auparavant ».
Colleen Chang encourage les personnes étudiantes à tirer le maximum de leurs études.
« Voyez vos études universitaires comme une période de découvertes. Suivez votre instinct : il vous indiquera la voie à suivre. »