
Les campus du centre-ville et Macdonald de l’Université McGill auront un aspect quelque peu différent cet été : on y trouvera de nouveaux jardins, l’herbe sera plus haute et des espaces seront intentionnellement laissés à l’état « sauvage ».
Cette initiative s’inscrit dans le nouveau Plan d’aménagement durable des espaces verts de l’Université McGill, qui vise à améliorer la biodiversité sur les campus. Ce plan constitue une mesure phare de la Stratégie sur le climat et le développement durable 2025-2030 de l’Université et contribue à la réalisation de deux des cinq objectifs de développement durable à long terme de McGill : renforcer la résilience climatique et devenir une université Nature Positive qui favorise la diversité des espèces et protège les écosystèmes.
D’ici 2030, l’Université McGill entend gérer 30 % de ses espaces verts de manière à favoriser la biodiversité, et ainsi à transformer ces lieux en laboratoires vivants pour la recherche et l’apprentissage.
« Notre plan d’aménagement des espaces verts ne se limitera pas à redessiner le paysage, explique François Miller, directeur général, Développement durable de l’Université McGill. En restaurant la biodiversité, nous créerons des laboratoires vivants où les membres de la communauté mcgilloise pourront échanger et apprendre, et nous contribuerons à la vitalité de la nature sur nos campus. »
L’Université, chef de file en gestion responsable des terres
Près de 95 % des espaces verts de l’Université McGill sont entretenus de manière traditionnelle. Dans le cadre du nouveau plan, cette approche uniformisée sera remplacée par la création d’habitats variés, adaptés aux caractéristiques propres à chaque endroit.
Dans les lieux très fréquentés, les espaces verts resteront tels quels, mais dans certaines zones, la végétation ne sera plus coupée ou la fréquence de tonte sera réduite. Des zones seront transformées en prés fleuris, en jardins de plantes indigènes et en microforêts afin d’attirer les oiseaux, les pollinisateurs et d’autres espèces locales. Ces espaces verts revitalisés devraient procurer des avantages supplémentaires, comme une meilleure rétention des eaux pluviales, une atténuation de l’effet d’îlot de chaleur, ainsi qu’une amélioration de la santé des sols, de la qualité de l’air et de la séquestration du carbone.
« Nos espaces verts nous offrent une occasion unique de faire preuve de leadership en gestion durable des terres, indique Marie-Claude Carignan, agente de biodiversité au Bureau du développement durable de l’Université McGill. L’Université contribue déjà à la conservation de la biodiversité et à la recherche sur ses terrains, mais nous pouvons exploiter davantage le potentiel de nos vastes espaces verts en aménageant des lieux propices à la biodiversité et employant des pratiques d’entretien plus durables. »
L’Université McGill prévoit que 20 % des espaces verts de ses campus du centre-ville et Macdonald seront gérés de manière à favoriser la biodiversité d’ici la fin de l’année 2027, et elle veut atteindre son objectif de 30 % d’ici 2030.
Le nouveau plan de gestion, qui vise à transformer les espaces verts urbains de l’Université McGill, s’ajoute aux initiatives de conservation et de recherche déjà en cours à la Réserve naturelle Gault, à la Réserve Molson, à l’Arboretum Morgan et à la ferme du campus Macdonald.
Le fruit d’une collaboration
Le plan d’aménagement des espaces verts a été préparé par le personnel du Bureau du développement durable, en collaboration avec plusieurs partenaires internes. Le personnel des Services de conception a contribué à déterminer les zones présentant un fort potentiel d’amélioration écologique, et l’équipe Planification et développement des campus veillera à ce que les changements soient conformes au Plan directeur de l’Université.
Les équipes Terrains des campus s’occuperont de la mise en œuvre de ce virage dans la gestion des terrains de l’Université et recevront d’une formation spécialisée sur le contrôle des plantes envahissantes et la préservation des habitats riches en biodiversité.
Le Bureau du développement durable tiendra deux journées de plantation — une à chaque campus — au cours desquelles les bénévoles participeront à l’aménagement des nouvelles zones de biodiversité de l’Université, tout en se familiarisant avec les plantes indigènes et les pollinisateurs locaux et en apprenant comment favoriser la santé des écosystèmes urbains.
Des membres du corps professoral en sciences végétales et des groupes étudiants, comme Little Forests et ReWild McGill, aideront à concevoir, à aménager et à entretenir les zones de biodiversité.
Des experts de l’aménagement paysager et des espèces indigènes se joindront à l’équipe de McGill pour mettre en œuvre certains volets importants du plan. Soverdi (Société de verdissement du Montréal métropolitain) dirigera les activités de plantation d’arbres au campus du centre-ville, et Jardin Buzz (Jardin pour la biodiversité urbaine et les zones de zoodiversité) supervisera la conception et la mise en place de nouveaux jardins pour pollinisateurs aux deux campus.
« Au fil des ans, le Fonds des projets durables a financé divers jardins, prés et plantations gérés par des étudiants et des membres du personnel aux deux campus, dit Marie-Claude Carignan. Parmi ceux et celles qui ont participé à ces projets, plusieurs font maintenant partie de l’équipe du plan d’aménagement, ce qui assure la transmission des connaissances et de l’expérience. »
L’équipe a d’ailleurs reçu du Fonds des projets durables (volet Raz-de-marée) un financement de 400 000 dollars pour la mise en œuvre du plan, somme qu’elle consacrera aux activités de sensibilisation, à l’achat de matériel et de végétaux et à la coordination du projet. La demande de financement comprenait des lettres d’appui des professeurs agrégés Kyle Elliott et Brian Leung, qui se sont tous deux engagés à inclure le plan dans leurs cours respectifs, WILD 421 Wildlife Conservation et ENVR 401 Environmental Research.
« Son intégration aux cours permettra aux étudiants d’acquérir une précieuse expérience pratique, se réjouit Kyle Elliott. Ils suivront sa mise en œuvre et aideront à mesurer ses retombées écologiques. »
À long terme, en ayant moins d’espaces verts à entretenir fréquemment, l’Université McGill s’attend à optimiser ses ressources et à faire gagner du temps aux équipes Terrains. Des panneaux informeront les membres de la communauté des bienfaits sociaux et écologiques des espaces verts et préciseront qu’ils font l’objet d’un suivi et d’une gestion planifiée.
