
Lancé il y a trois mois, le site SUSANhub.com est rapidement devenu l’une des plus importantes plateformes de développement durable du monde.
« C’était mon petit projet personnel », dit Juan Serpa, professeur agrégé de gestion des opérations à la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill. « Je ne m’attendais certainement pas à ce genre de réaction. »
Le réseau universitaire de développement durable, SUSANhub, est une plateforme en ligne conçue pour réunir chercheurs, établissements, étudiants et organisations qui souhaitent lutter contre les changements climatiques.
« Je reçois 800 courriels par jour », poursuit Juan Serpa, qui a cofondé la plateforme avec Vibhu Bhardwaj, un ancien étudiant. « La semaine dernière, nous avons reçu 39 000 utilisateurs en sept jours : c’est énorme. »
Un guichet unique en ligne
Selon Juan Serpa, la force de SUSANhub réside dans son approche globale. En plus de couvrir un large éventail de disciplines, la plateforme offre de l’information sur toutes sortes de sujets.
« Généralement, les universités sont cloisonnées et fonctionnent par discipline : génie, commerce, médecine, etc. Mais le développement durable doit compter sur la collaboration entre ces domaines, explique-t-il. Par exemple, l’énergie solaire fait appel à des politiques, des ingénieurs, des entreprises, etc. Je voulais créer une plateforme mondiale qui réunit des chercheurs en développement durable dans un espace virtuel. »
En abattant les cloisons entre les disciplines et en favorisant la collaboration interdisciplinaire, SUSAN jette des passerelles entre les divers domaines d’études, facilitant ainsi les échanges entre les chercheurs, le partage des connaissances et l’élaboration rapide de solutions pour lutter contre le changement climatique.
Si auparavant les scientifiques à la recherche de collaborateurs, stagiaires, ensembles de données et possibilités de financement devaient consacrer beaucoup de temps à écumer le Web, ils peuvent désormais trouver tout ce dont ils ont besoin sur SUSANhub.
Les étudiants peuvent également utiliser la plateforme pour trouver un emploi, des événements, des ensembles de données ou des professeurs avec lesquels collaborer.
« L’objectif est de permettre aux personnes impliquées dans les efforts contre le changement climatique de ne plus avoir à chercher parmi des ressources fragmentées, soutient Juan Serpa. La plateforme est un guichet unique en ligne. »
Un réseau en pleine croissance
SUSANhub est né de la combinaison de l’intelligence artificielle à des méthodes de réseautage traditionnelles.
Juan Serpa et Vibhu Bhardwaj ont d’abord créé un répertoire des instituts de développement durable. Pour ce faire, ils ont analysé 1 000 universités à l’aide de l’intelligence artificielle (IA) afin de résumer leurs efforts à 60 thèmes du développement durable, tels que les énergies renouvelables et les changements climatiques.
Outre les instituts, la plateforme répertorie les chercheurs et leurs travaux et contient environ 400 000 articles classés par thème.
En envoyant un courriel à 57 000 professeures et professeurs, Juan Serpa a donné une dimension de réseau social à la plateforme. Résultat : bon nombre d’entre eux se sont inscrits, ont créé un profil et ont commencé à utiliser le site.
En outre, l’équipe a élaboré un algorithme d’IA qui balaye des plateformes de données mondiales comme Kaggle. Ces efforts ont donné naissance à un répertoire de 4 000 ensembles de données liées au développement durable, répertoire qui aidera les chercheurs à trouver des données pertinentes pour leurs projets.
Cette approche globale a vraisemblablement attisé la curiosité des chercheurs et entraîné une augmentation rapide du nombre de membres.
« La plateforme connaît une croissance rapide. Je ne m’attendais pas à voir les utilisateurs partager autant de ressources et interagir si activement, dit Juan Serpa. Les professeurs partagent les ensembles de données de recherche qu’ils ont eux-mêmes réunis, les étudiants s’entraident pour dénicher de bonnes occasions, et certains utilisateurs invitent leurs pairs à rejoindre la plateforme. Nous accueillons constamment de nouveaux membres et le nombre d’utilisateurs augmente rapidement. »
À la recherche d’un financement à long terme
En plus de gagner en popularité, l’initiative SUSANhub.com est en constante évolution.
« Nous souhaitons bâtir une structure de gouvernance et attirer plus de professeurs pour démocratiser la plateforme, affirme Juan Serpa. Je mène actuellement des discussions en vue de collaborer avec des organismes comme la National Sustainability Society aux États-Unis et Greenbrain Inc., aux Pays-Bas.
SUSANhub.com fonctionne actuellement sans financement externe et la plateforme compte sur les dons et les subventions; par conséquent, l’objectif est d’obtenir un financement à long terme.
« Grâce à un investissement solide, nous pourrons étendre nos activités et créer toutes sortes d’outils, tels qu’un répertoire des programmes de développement durable ou une plateforme de formation en ligne menant à l’obtention d’une certification. Imaginez une sorte de Coursera consacré au développement durable, où les gens peuvent obtenir une certification dans un domaine précis, comme l’alimentation durable », explique Juan Serpa.
« Face à l’aggravation de la crise climatique, il est plus important que jamais de favoriser la collaboration et de faciliter l’accès à des ressources indispensables, soutient-il. SUSANhub est une arme redoutable dans cette lutte. »
Visitez SUSANhub.com pour en savoir plus.