Pour l’intégration des perspectives autochtones en éducation

Étudiante au premier cycle, Margaret Mackenzie a rejoint une communauté solidaire; aujourd’hui à la maîtrise, elle est boursière McCall MacBain 
« Mon emploi de rêve, ce serait de travailler avec un conseil scolaire à la création de ressources et à l’adaptation du programme aux réalités autochtones pour que les enseignants puissent parler de notre histoire et notre réalité avec assurance », dit Margaret Mackenzie

À son arrivée à McGill en 2018, pour son baccalauréat en éducation, Margaret Mackenzie était encore trop timide pour aller à la rencontre d’autres étudiants autochtones à la Maison des peuples autochtones.  

« Je n’ai pas très bien vécu le fait de ne pas correspondre à l’image stéréotypée de l’Autochtone. Je veux que les gens comprennent que l’autochtonie n’est pas unidimensionnelle », explique-t-elle. 

Citoyenne de la Nation métisse de Colombie-Britannique, Margaret Mackenzie a également des liens familiaux avec des Chartrand, des Sanderson et des Ducharme de la communauté métisse de la rivière Rouge, au Manitoba. Cependant, ayant grandi à Vancouver, elle n’a pas eu beaucoup d’occasions de tisser des liens avec sa communauté à l’extérieur de sa propre famille. Les Métis sont un groupe distinct, principalement formé par la descendance de commerçants de fourrures français et de femmes autochtones. Dotés d’un riche héritage culturel, les Métis sont notamment connus pour leur maîtrise de l’art du perlage floral. Leur langue est le michif.  

 

Des occasions de créer des liens 

Ce n’est qu’au cours de sa dernière année de premier cycle que la boursière s’est vraiment investie dans la communauté autochtone mcgilloise : sa sœur cadette, également étudiante à McGill, l’a encouragée à participer au Programme estival de mentorat et de recherche rémunérée pour étudiants et étudiantes autochtones (IMPRESS). Cette expérience a changé son parcours. 

En collaboration avec un étudiant-mentor autochtone aux cycles supérieurs et deux autres participants du programme IMPRESS, Margaret a créé le « Critical Campus Tour » au sein du Laboratoire sur les cultures participatives dirigé par Claudia Mitchell (Département d’études intégrées en sciences de l’éducation). Cette visite interactive propose une lecture critique de l’histoire coloniale de l’Université tout en mettant en valeur les contributions actuelles des communautés autochtones. Animée par des membres autochtones du corps étudiant et professoral, elle est présentée à l’occasion de l’événement annuel « Nous marcherons ensemble » de McGill. 

Margaret Mackenzie a également participé à des activités de perfectionnement professionnel, à des ateliers culturels de perlage et de sculpture sur pierre à savon, ainsi qu’à des sorties sociales. 

Aux côtés de ses collègues autochtones du laboratoire, Margaret a coanimé un atelier destiné à des membres de sa cohorte. Ensemble, ils ont créé le zine IMPRESS 2023, un collage créatif qui témoigne des retombées du programme sur la vie des participants. Margaret a ensuite présenté ce travail en Allemagne et donné une conférence à l’Université Johannes Gutenberg, en collaboration avec deux collègues. Plus tôt cette année, le trio a publié, dans la Revue canadienne de l’éducation, un article explorant le potentiel des zines comme outil pédagogique pour aborder les enjeux autochtones. 

Selon la boursière McCall MacBain, le programme IMPRESS favorise la création d’une communauté solidaire : « J’ai vécu une expérience extrêmement enrichissante et je me suis fait beaucoup de très bons amis. » 

 

Une incidence durable sur le campus et au-delà 

Margaret Mackenzie travaille actuellement à une version numérique de sa visite guidée du campus. 

Elle poursuit également une maîtrise en leadership pédagogique en tant que lauréate de la bourse McCall MacBain 2024, récompense qu’elle attribue en partie à sa participation au programme IMPRESS. 

« Je n’aurais jamais pensé faire une maîtrise. Dans ma famille, personne n’a fait des études supérieures, dit-elle. J’ai découvert la recherche. Sans le soutien indéfectible de ma mentore, qui a cru en moi et m’a encouragée en tant que chercheuse autochtone, je n’aurais probablement jamais envisagé de poursuivre dans cette voie. » 

 

Méthodologies de recherche autochtones 

Les connaissances et les compétences qu’a acquises Margaret Mackenzie en travaillant avec diverses communautés autochtones orientent la recherche qu’elle mène sur les Métis au Québec, sujet de son mémoire de maîtrise. 

« J’utilise des méthodologies de recherche autochtones axées sur les relations, comme la wahkohtowin, explique-t-elle. Je ne veux pas adopter une approche “extractive” : je veux mener mes recherches avec bienveillance. » 

Une partie de son approche consiste à réunir en cercle de partage des personnes avec qui elle a tissé des liens au fil de son parcours à McGill. 

« C’est l’occasion de partager les histoires de membres de la diaspora autochtone – communauté à laquelle j’appartiens – pour faire entendre d’autres voix que la mienne, explique-t-elle. Et c’est en partie ce qui m’a motivée à entreprendre cette recherche. » 

 

Au service de l’éducation autochtone 

Margaret Mackenzie occupe également un poste à temps partiel à McGill : elle est conseillère aux programmes autochtones pour Branches, initiative de rayonnement communautaire de la Gestion de l’effectif étudiant. Elle gère les programmes Votre parcours autochtone – expérience d’apprentissage et de mentorat de six mois proposée aux aspirants étudiants du cégep et aux étudiants au premier cycle de McGill –, et IMPRESS. 

Elle espère continuer à faire une place plus importante aux perspectives autochtones en éducation. 

« Mon emploi de rêve, ce serait de travailler avec un conseil scolaire à la création de ressources et à l’adaptation du programme aux réalités autochtones pour que les enseignants puissent parler de notre histoire et notre réalité avec assurance, confie-t-elle. Quand j’étais petite, on ne parlait pas beaucoup de nos peuples à l’école, et jamais selon une perspective autochtone. Je veux que ça change pour les générations futures. »  

Selon la boursière McCall MacBain, le programme IMPRESS favorise la création d’une communauté solidaire : « J’ai vécu une expérience extrêmement enrichissante et je me suis fait beaucoup de très bons amis. »