La nouvelle génération se taille une place à Brossard

Un étudiant à la maîtrise de l’Université McGill remporte un siège au conseil municipal grâce à son approche communautaire et à ses compétences en urbanisme
Nicolas Thomas célèbre sa victoire électorale avec sa famille.

Lorsque Nicolas Thomas faisait du porte-à-porte pendant sa campagne pour le siège du district 6 de Brossard, il pouvait deviner la réaction qu’il allait susciter : les gens posaient leur regard sur l’étudiant à la maîtrise en urbanisme, puis l’étonnement se lisait sur leur visage.

« On me disait : « Oh, vous avez l’air jeune », se souvient Nicolas. Puis je leur disais mon âge et ils s’exclamaient : « Wow, vous êtes vraiment jeune! » »

Les premiers moments de surprise passés, la plupart des gens encourageaient Nicolas après avoir discuté avec lui.

« Beaucoup de personnes m’ont dit qu’on avait besoin de sang neuf, confie-t-il. La plupart du temps, les gens étaient heureux de voir quelqu’un de mon âge se présenter. »

À 22 ans, Nicolas est devenu le plus jeune élu de l’histoire de Brossard lorsqu’il a remporté son siège le 2 novembre avec environ 64 % des voix. Il a décrit la soirée électorale comme « une vague d’euphorie », qui a déferlée sur lui et les membres de sa famille, les amis et les partisans qui l’avaient aidé à faire campagne dans le district pendant des mois.

 

De la table familiale à la mairie

Le parcours de Nicolas jusqu’au conseil municipal n’a pas commencé dans un milieu politiquement engagé. Passionné de politique plus que tout autre membre de sa famille, il commentait l’actualité dès l’âge de 12 ans alors que tous étaient attablés et que la chaîne CTV diffusait le bulletin du soir.

Malgré tout, sa famille a encouragé sa curiosité. Quand il a eu 16 ans, sa mère l’a emmené à une rencontre informelle avec la députée locale, Alexandra Mendès. Cet entretien l’a amené à participer à un conseil jeunesse et a suscité chez lui un attachement plus profond envers le service public.

Nicolas a ensuite travaillé comme attaché politique au bureau de la députée de La Pinière, Linda Caron, où il s’est familiarisé avec la démocratie à l’échelle locale, les préoccupations de la population et la prise de décision concertée avec la communauté.

L’aventure politique du nouveau conseiller a commencé par un coup de téléphone auquel il ne s’attendait pas. Peu après la fin de ses examens de premier cycle à l’Université McGill, Nicolas a reçu un appel de la mairesse de Brossard, Doreen Assaad, qui l’invitait à briguer un poste de conseiller. Elle lui a dit que la municipalité avait besoin de voix jeunes et qu’elle pensait que son expérience en études urbaines et en urbanisme faisait de lui le candidat idéal pour un quartier en pleine mutation.

« J’étais sous le choc, se souvient Nicolas, qui a demandé la fin de semaine pour y réfléchir. J’étais très touché qu’elle me fasse confiance. »

 

Quand la politique rencontre l’urbanisme

Nicolas Thomas prononce son premier discours devant les citoyens et citoyennes de Brossard lors de la cérémonie d’assermentation.

Les champs d’études de prédilection de Nicolas et son intérêt pour la politique ont toujours évolué en parallèle. Diplômé de premier cycle en études urbaines (cheminement Honours) à l’Université McGill, il est actuellement en première année de maîtrise. Très tôt, il s’est passionné pour les cartes, les quartiers et la conception des villes, mais il précise que c’est son amour de la politique qui l’a « poussé vers l’urbanisme », et non l’inverse.

Ce double intérêt se reflète clairement dans ses deux grandes priorités : le logement et l’urbanisme participatif. Il parle des défis urgents liés à l’abordabilité auxquels sa génération est confrontée et de la nécessité de trouver des moyens d’intégrer les citoyens et citoyennes dans le processus d’urbanisme.

« C’est facile de mettre le doigt sur un problème, explique Nicolas, mais plus difficile de trouver une solution. La meilleure façon de procéder est d’écouter. On ne sera peut-être pas d’accord avec une personne, mais en l’écoutant, on découvrira la vraie source du problème. »

Nicolas a déjà réalisé des travaux universitaires concernant directement l’avenir de Brossard. Il est l’auteur du premier projet de recherche portant sur le nouveau centre-ville, importante zone de réaménagement qui comprend la station Panama du REM, située dans son district. Maintenant qu’il est conseiller municipal, il jouera un rôle dans la concrétisation du projet, de sa planification à sa mise en œuvre.

En tant qu’élu et étudiant en urbanisme, Nicolas bénéficie d’une perspective unique.

« Être conseiller municipal me permet de comprendre ce que les citoyens et citoyennes veulent voir se réaliser concrètement sur le plan de l’urbanisme et, comme étudiant, j’apprends auprès de personnes professionnelles qui possèdent une solide expertise, explique-t-il. Je suis vraiment chanceux de pouvoir vivre ces expériences en même temps, et je prends mes deux rôles très au sérieux. »

 

Des grands projets aux améliorations toutes simples

Après seulement quelques semaines en fonction, Nicolas en a encore beaucoup à apprendre, mais il sait ce qui le motive : la possibilité d’apporter des changements tangibles, qu’il s’agisse de grands projets d’aménagement ou de simples améliorations, comme l’éclairage des passages piétonniers ou la réparation des trottoirs endommagés.

Il est également conscient de l’importante responsabilité qui lui a été confiée.

« Je ne serais pas ici si les gens n’avaient pas cru en moi, fait-il remarquer. Cette élection n’est pas le fait d’une seule personne. C’est l’appui des électeurs, de mes amis, de ma famille et de mes collègues qui l’a rendue possible. »

Pour l’instant, le jeune élu partage son temps entre les réunions du conseil municipal et ses études, entre le travail dans son district et ses cours. Pour lui, ces deux aspects de sa vie sont liés : il apprend la théorie à l’Université McGill et il la met en pratique à la mairie avec la conviction que les citoyens et citoyennes de tout âge peuvent façonner leur ville.

« C’est un honneur de servir la population, confie-t-il. Chaque jour me rappelle pourquoi j’aime ce travail. »