
Médaille au cou sur le podium du Championnat du monde universitaire FISU de sports de combat 2026, à Brasilia, au Brésil, Andrew Compton savoure la récompense d’années consacrées à un sport qui a façonné presque tous les aspects de sa vie.
Étudiant de la Faculté des arts de l’Université McGill, Andrew a décroché le bronze à l’épreuve masculine de gun shu, où il défendait le Canada et l’Université McGill face à plusieurs des meilleurs athlètes universitaires du monde en wushu. Le gun shu est une épreuve au cours de laquelle les athlètes exécutent des enchaînements chorégraphiés avec un bâton de combat traditionnel.
« Les sacrifices en valaient la peine », soutient l’étudiant de première année en développement international avec mineure en science politique.
Andrew est passé tout près de rafler une deuxième médaille à l’épreuve de Northern Fist, où il s’est classé quatrième.
Le wushu, souvent appelé « kung-fu », est enraciné dans les arts martiaux traditionnels chinois. Andrew participe également aux épreuves de taolu, dans lesquelles les athlètes exécutent des enchaînements chorégraphiés comprenant des sauts acrobatiques et des coups de pied, des postures et des techniques de maniement d’armes. Les juges évaluent les concurrents sur la base de l’exécution technique, de la présentation artistique et de la difficulté des enchaînements.
Des mois d’entraînement en Chine
Avant le Championnat du monde universitaire, Andrew Compton a interrompu ses études pendant le trimestre d’hiver afin de s’entraîner dans un centre de haut niveau situé dans une région rurale, en Chine. Pendant près de quatre mois, il s’est consacré entièrement au wushu, s’entraînant huit heures par jour, six jours par semaine.
Les journées comprenaient des séances intenses de musculation, de course et de conditionnement physique, puis des entraînements techniques sous l’œil attentif d’entraîneurs chevronnés.
« C’est l’entraînement le plus difficile que j’aie jamais suivi, confie Andrew. Je me demandais parfois pourquoi je m’imposais ça, c’est certain. »
Au moment de monter sur le podium, Andrew a repensé à tous les sacrifices qu’il avait faits pour y arriver.
« J’avais quitté ma famille et mes amis pour aller m’entraîner dans les montagnes, en Chine, mais mon excellente performance a donné tout son sens à ces sacrifices ».
Au-delà de la compétition, une véritable passion
Andrew Compton a découvert le wushu à l’âge de neuf ans, alors qu’il habitait à Toronto. C’est cependant après que sa famille et lui ont déménagé en Équateur, puis à Taïwan, que cette discipline a pris beaucoup plus d’importance dans la vie du futur champion.
À Taïwan, il s’entraînait tous les après-midis dans une école d’arts martiaux, jetant ainsi les bases d’une carrière sportive marquée par des titres de championnats canadiens et des médailles panaméricaines, et des participations à des championnats du monde.
Aujourd’hui, Andrew considère le wushu comme une partie intégrante de son identité.
« C’est plus qu’un sport. Ça fait partie de moi. »
Des répercussions positives
Au-delà du sport, la discipline qu’exige la compétition de haut niveau a eu des retombées sur les études d’Andrew. Avant d’entreprendre ses études à McGill, Andrew a obtenu son diplôme du Collège Dawson, où il a figuré au tableau d’honneur du doyen à chacun de ses quatre trimestres. Ses années d’entraînement ont renforcé chez lui les habitudes qui favorisent sa réussite scolaire et sportive, explique-t-il.
« La pratique du wushu a amélioré ma discipline dans tous les domaines de ma vie. Je peux facilement adopter une routine et m’y tenir. »
La conciliation des études universitaires et de la pratique du wushu au niveau élite comporte toutefois son lot de difficultés. Par exemple, comme Montréal ne compte aucun club de wushu de compétition, Andrew s’entraîne essentiellement seul. Pour bénéficier d’un encadrement et s’entraîner avec des partenaires de haut niveau, Andrew se rend à Toronto, où se trouve le centre le plus proche, et il continue de se rendre en Chine lorsque son horaire universitaire le permet pour ses séances d’entraînement plus intensives.
Andrew espère que l’Université McGill pourra un jour lui donner accès à un studio où il pourra s’entraîner, offrir des cours et des ateliers, et faire découvrir son sport à la communauté mcgilloise.
« J’aimerais beaucoup représenter McGill non seulement lors des compétitions internationales, mais aussi en contribuant au développement de ce sport sur le campus », explique-t-il.
Tout en poursuivant l’objectif à long terme des Jeux mondiaux de 2029, Andrew nourrit l’ambition d’ouvrir sa propre école de wushu et de contribuer à la formation de la relève.
D’ici là, Andrew rentrera à McGill cet automne avec une médaille de championnat du monde, animé d’une passion plus grande que jamais pour ce sport qu’il pratique depuis plus d’une décennie.
« Le wushu fera toujours partie de ma vie. »