Un collectif d’historiens creuse le passé de l’Université McGill

Un nouvel ouvrage pose un regard sans concession sur l’histoire d’un grand établissement universitaire
Melissa N. Shaw, Don Nerbas and Brian Lewis
Melissa N. Shaw, Don Nerbas et Brian Lewis devant l’affiche promotionnel pour le livre.

En 2021, à l’occasion du Bicentenaire de l’Université McGill, des voix au sein de la communauté universitaire ont appelé l’établissement d’enseignement à se pencher sur la complexité de son histoire. Cette année-là, une conférence a été organisée pour ouvrir le dialogue et un ouvrage, McGill in History, vient maintenant d’être publié.

Six experts en histoire de McGill ont contribué à l’ouvrage, dont trois à titre de rédacteur en chef : les professeurs Brian Lewis et Don Nerbas, et la professeure Melissa N. Shaw.

Ces derniers présentent l’ouvrage comme le fruit d’un effort collectif. Ainsi, les travaux des membres actuels du Département d’histoire et d’études classiques de McGill y côtoient ceux d’un professeur émérite, d’un ancien étudiant à la maîtrise en histoire ainsi que de chercheurs affiliés à d’autres universités.

« L’objectif avec McGill in History est d’ouvrir de nouvelles perspectives sur le passé de l’Université, en replaçant son évolution dans son contexte historique, et de s’éloigner ainsi du narratif unique d’accomplissements et d’avancées universitaires », explique Don Nerbas, professeur agrégé au Département d’histoire et d’études classiques.

Qualifiant l’ouvrage de « kaléidoscopique », le PNerbas souligne que le collectif a mis à profit la diversité de l’expertise de ses membres pour explorer des épisodes et des thèmes historiques distincts.

« Sans concession »

En plus de documenter certains événements et aspects moins connus de l’histoire de McGill, les historiens s’adressent au public au-delà des murs de l’Université et souhaitent nourrir le dialogue sur des sujets aussi variés que le colonialisme, l’esclavage, le sexisme et l’homophobie.

« L’histoire que nous racontons ne concerne pas que McGill, et nous pensons qu’elle intéressera beaucoup de gens à l’extérieur du campus. Évidemment, nous espérons que la diversité des perspectives interpellera particulièrement les personnes rattachées à McGill et que notre approche “sans concession” sera applaudie, précise Brian Lewis, professeur au Département d’histoire et d’études classiques.

« Nous pensons qu’il vaut la peine d’explorer, sans concession et dans toute sa complexité, l’histoire de ce grand établissement universitaire. Notre intention n’est pas de provoquer ni de défendre qui que ce soit, mais de remplir notre devoir : raconter la véritable histoire », explique-t-il.

Une histoire plus inclusive

L’inclusion est l’un des piliers de McGill in History. En collaboration avec les auteurs, les rédacteurs ont veillé à ce que chaque chapitre soit à la fois rigoureux, accessible et attentif aux récits jusqu’alors marginalisés.

L’intégration de perspectives diverses constituait également une priorité pour le collectif. Pour Melissa N. Shaw, professeure adjointe au Département d’histoire et d’études classiques, cette exigence répond à une attente exprimée également par ses étudiantes et étudiants.

« Mes étudiants me rappellent le formidable potentiel et les promesses que portent les universités, même dans un contexte marqué par une certaine méfiance à l’égard de l’enseignement supérieur. En tant qu’historiens, nous mobilisons notre expertise et replaçons les enjeux contemporains dans leur contexte pour nous aider à mieux comprendre le présent et à tirer les leçons du passé. »

Dans l’espoir que ces nouveaux récits contribuent à faire progresser les efforts institutionnels en matière d’équité, de diversité et d’inclusion, le Bureau du provost et l’Équipe-conseil en matière d’équité ont appuyé la conférence du Bicentenaire et cette nouvelle publication.

« À l’instar de nombreuses universités – au Canada et ailleurs –, McGill reconnaît que la connaissance – et la reconnaissance – du passé est essentielle pour comprendre le présent et orienter l’avenir, surtout lorsque ce passé comporte des éléments problématiques », souligne Christopher Manfredi, provost et vice-recteur principal aux études.

« Nous sommes fiers du travail accompli par les experts de McGill et des autres universités pour réaliser cet important projet », a-t-il ajouté.

Le 6 novembre, toutes les personnes intéressées sont conviées au lancement de l’ouvrage collectif McGill in History, en vente sur le site Web des Presses universitaires McGill-Queen’s et à la librairie Paragraphe.