
Les villes jouent un rôle de plus en plus important dans la lutte contre les changements climatiques. Christopher Orr, chercheur à l’Université McGill, travaille à un état des lieux des connaissances sur les mesures prises par les municipalités. Le but ultime est d’aider les villes à élaborer des stratégies ambitieuses et adaptées à leurs réalités.
« Partout dans le monde, des villes font un travail extraordinaire dans la lutte contre les changements climatiques, mais ces efforts ne sont pas déployés à grande échelle. Nous voulions savoir pourquoi certaines villes sont très proactives alors que d’autres n’agissent pas, et comprendre ce qui stimule les efforts dans différentes régions », explique Christopher Orr, boursier postdoctoral à l’École d’urbanisme de l’Université McGill et chercheur pour le projet Climate Cities Recovery. « En s’appuyant sur nos recherches, les villes pourront créer des solutions adaptées à leur contexte. Les mesures de lutte contre les changements climatiques seront ainsi plus efficaces, mais aussi plus durables. »
L’appartenance à un réseau pour le climat, un facteur décisif
Lancé en 2021, le projet Climate Cities Recovery se voulait initialement une étude de l’adaptation, par les municipalités, des mesures environnementales dans le contexte de la COVID-19. Rapidement, la portée du projet s’est élargie : quels sont les facteurs qui incitent les villes à prendre des mesures pour lutter contre les changements climatiques?
L’analyse d’une centaine d’études de partout dans le monde a fait ressortir un facteur : l’appartenance à un réseau pour le climat. Il s’agit du seul facteur systématiquement déterminant parmi les quelque 90 variables recensées par l’équipe, parmi lesquelles on trouve des attitudes et des sources de motivation du personnel gouvernemental, mais aussi des structures administratives et l’appui du public.
Des données inégales, des lacunes partout

Toutefois, l’appartenance à un réseau pour le climat est un sujet rarement abordé dans le Sud planétaire.
Dans une nouvelle étude menée à l’échelle mondiale, en collaboration avec des collègues du projet Climate Cities Recovery, Christopher Orr met en évidence le caractère inégal des données qui orientent les politiques climatiques et met en évidence les domaines dans lesquels des recherches s’imposent.
De nombreuses villes connaissent une croissance rapide et une forte vulnérabilité climatique. Le chercheur indique qu’il faut absolument combler les lacunes en recherche pour arriver à atteindre les objectifs climatiques mondiaux et pour que les villes puissent élaborer des politiques adaptées à leurs réalités politiques et institutionnelles.
Des études avaient déjà montré des écarts entre le Nord et le Sud. L’analyse a pour sa part fait ressortir d’importantes lacunes méthodologiques dans l’étude des mesures prises par les villes dans certaines régions.
Vers une action ciblée
C’est précisément ce portrait inégal que l’équipe de recherche entend clarifier dans le prochain volet du projet. Selon Christopher Orr, comme les villes assument de plus en plus de responsabilités dans la lutte contre les changements climatiques, il faudra pouvoir compter sur des données probables plus complètes.
La dernière phase du projet reposera sur des entretiens menés auprès de praticiens de partout dans le monde. L’équipe établira des correspondances entre cette vue d’ensemble des facteurs qui déterminent l’action climatique des villes et des exemples de mise en œuvre dans différents contextes.
« J’espère que cette recherche pourra orienter l’élaboration de politiques et la mise en œuvre de mesures sur le terrain », conclut Christopher Orr.