
Le magazine Québec Science a publié sa liste des dix plus importantes percées réalisées par des chercheuses et chercheurs québécois en 2025. Quatre études mcgilloises y sont nommées.
Traitant de fossiles préhistoriques et de fertilité chez la femme, ces articles mettent en lumière le vaste éventail de compétences des chercheurs de l’Université.
« Félicitations aux remarquables chercheurs et chercheuses de l’Université McGill dont les travaux ont été nommés parmi les 10 découvertes de l’année du magazine Québec Science, déclare Dominique Bérubé, vice‑rectrice à la recherche et à l’innovation. Grâce à ces recherches, qui ont mené à la découverte du premier fossile de libellule datant de l’ère des dinosaures au Canada, donné lieu à des avancées dans le traitement de la douleur et de l’infertilité, et jeté un nouvel éclairage sur les répercussions des émissions de méthane au pays, l’Université aide à consolider la position de chef de file scientifique du Québec tout en proposant des solutions qui trouvent écho à l’échelle mondiale. »
L’Université n’en est pas à sa première présence dans le palmarès des 10 découvertes de l’année : une étude sur les gaz à effet de serre y a figuré en 2024, et trois études mcgilloises y ont été nommées en 2023.
Une équipe de l’Université McGill découvre le premier fossile de libellule de l’ère des dinosaures au Canada
Des chercheurs mcgillois ont découvert un fossile d’aile de libellule remontant au Crétacé dans le parc provincial Dinosaur, en Alberta, une première dans l’histoire de la paléontologie canadienne. Cette découverte a permis de combler un vide de 30 millions d’années dans l’évolution des libellules.
« C’est la première libellule de l’ère des dinosaures jamais trouvée au Canada, précise André Mueller, auteur principal de l’étude et étudiant à la maîtrise au Département de biologie. Sa taille correspond environ à celle d’une main humaine. »
L’équipe a baptisé cette nouvelle espèce Cordualadensa acorni et l’a même classée dans une nouvelle famille, Cordualadensidæ, compte tenu de ses caractéristiques remarquables et de son anatomie particulière. Le fossile a été repéré lors d’un cours de paléontologie des vertébrés sur le terrain dirigé par le professeur Hans Larsson.
Musique et rythme naturel : une solution à la douleur
Des recherches menées au cours des dix dernières années ont montré que, lorsque nous parlons, chantons, jouons d’un instrument ou battons simplement la mesure, nous faisons appel à un rythme qui nous est propre. On pense que ce rythme, appelé taux de production spontané, pourrait être lié aux rythmes circadiens.
Une équipe de recherche de l’Université McGill a découvert qu’à ce rythme, la musique avait les meilleures chances de soulager la douleur. Cette conclusion donne à penser qu’il est possible d’atténuer la douleur qu’une personne ressent en ajustant le tempo d’une pièce de musique qu’elle aime à son rythme interne.
« Il est possible que les oscillations neuronales, responsables d’établir notre tempo interne, soient plus facilement influencées lorsque le rythme de la musique s’en approche, et s’“éloignent” en conséquence des fréquences associées à la douleur », explique Mathieu Roy, professeur agrégé au Département de psychologie de l’Université McGill et coauteur en chef de l’article avec la professeure Caroline Palmer. Lire l’article

Les fuites de méthane provenant de puits pétrogaziers inactifs au Canada sont sept fois plus importantes qu’on ne le pensait
Le Canada compte au-delà de 425 000 puits pétrogaziers inactifs, dont la plupart se trouvent en Alberta et en Saskatchewan.
Une équipe mcgilloise dirigée par Mary Kang, professeure agrégée de génie civil, a mesuré directement les émissions de méthane de 494 puits répartis dans cinq provinces à l’aide d’une chambre de flux et a analysé des données relatives aux puits, notamment l’âge, la profondeur et l’état d’obturation. L’estimation à laquelle elle est parvenue pour les émissions à l’échelle du pays, soit 230 kilotonnes par an, est sept fois plus élevée que les 34 kilotonnes déclarées dans le Rapport d’inventaire national du Canada.
Ces résultats mettent en évidence une lacune importante dans l’inventaire officiel des gaz à effet de serre du pays et soulèvent des questions urgentes sur la manière dont les fuites de méthane sont surveillées, signalées et gérées.
« Les puits non exploités sont l’une des sources d’émissions de méthane les plus incertaines au Canada, souligne Mary Kang. Sans estimation précise des émissions de méthane, nous ne pouvons pas élaborer de politiques climatiques efficaces. » Lire l’article
Le lien entre muscles, cerveau et fertilité
Une équipe de recherche de l’Université McGill a mis au jour un axe reliant les muscles et l’hypophyse qui pourrait jouer un rôle inattendu dans la fertilité féminine. Cette découverte pourrait mener à la mise au point d’options de traitement inédites contre l’infertilité.
« Jusqu’à maintenant, on ignorait la dynamique du rapport entre les deux organes, voire l’existence d’un lien entre eux, indique Daniel Bernard, auteur en chef et professeur au Département de pharmacologie et de thérapeutique. Cette découverte marque une avancée dans notre compréhension du corps humain et de ses ramifications complexes. »
L’équipe de recherche a découvert qu’une baisse du taux de myostatine, protéine produite par les muscles, retardait la puberté et réduisait la fertilité chez la souris. Le retour à la normale du taux de myostatine a fait bondir le taux d’hormone hypophysaire stimulant la maturation de l’ovule dans les ovaires, mais on cherche encore à savoir si la fertilité peut ainsi être rétablie.
Cette percée ouvre la voie à d’autres recherches sur les variations naturelles du taux de myostatine et leur incidence sur le moment de la puberté, l’interruption des règles chez les athlètes féminines et l’infertilité idiopathique. Lire l’article