Parler français : pour aller à la rencontre de soi et des autres

À l’occasion de la Francofête, qui aura lieu du 9 au 31 mars, nous nous sommes entretenus avec deux membres de la communauté étudiante mcgilloise pour mieux connaître leur rapport à la langue française
Djamila Mostefai et Ian Hendricksen

Bien qu’elle soit une université anglophone, McGill compte une communauté francophone dynamique. En effet, environ 20 % de sa population étudiante et de son personnel enseignant et administratif est de langue maternelle française, et l’Université offre de nombreux services et ressources en français.

Situé à Montréal, ville multilingue et cosmopolite, l’établissement a également beaucoup à offrir aux personnes curieuses d’apprendre le français ou d’améliorer leur maîtrise de celui-ci.

 

Ian : le français comme outil d’exploration

Ian Hendricksen a quitté les États-Unis il y a huit ans pour étudier à Montréal. L’étudiant au doctorat en physique, qui a effectué l’ensemble de son parcours universitaire depuis le baccalauréat à l’Université McGill, aime, de toute évidence, beaucoup sa ville d’adoption.

Et c’est notamment cette affection pour Montréal qui l’a amené à vouloir apprendre le français. Sa connaissance de la langue de Molière lui permet selon lui de profiter de la ville de nouvelles façons, que ce soit en prenant part à des festivals de musique francophone ou en se sentant plus à l’aise de parler à des inconnus.

« Ça agrandit la ville de Montréal pour moi », explique-t-il.

Son amoureuse étant d’origine française, Ian est aussi motivé à poursuivre son apprentissage afin de peut-être, un jour, déménager en France avec elle. Mais la langue française représente aussi pour lui une ouverture sur le monde et sur sa ville.

« Ce que j’aime bien du français, c’est qu’il a ouvert beaucoup de portes pour moi. Et si tu souhaites apprendre une nouvelle langue, bien sûr, le français, ici à Montréal, c’est idéal. Et il y a aussi un monde entier à découvrir avec cette langue. »

 

Djamila : se définir en français

Djamila Mostefai, qui a grandi en Montérégie, estime pour sa part que parler français à l’Université McGill lui permet de mieux comprendre sa propre identité.

Ayant fréquenté une école secondaire francophone, puis un cégep anglophone avant de venir à McGill, l’étudiante de premier cycle a vu son rapport au français évoluer au fil du temps et prendre une importance grandissante à ses yeux.

Inscrite en science politique et en études sur le genre, la sexualité, le féminisme et la justice sociale, Djamila effectue aussi une mineure en études québécoises, qui lui permet d’explorer son identité francophone et québécoise d’une manière nouvelle.

Elle travaille d’ailleurs avec des camarades de classe à former une première association pour les étudiants de la mineure. Elle apprécie particulièrement la vitalité de la vie associative de McGill.

« Il y a vraiment une communauté pour tout », explique-t-elle.

Djamila estime aussi que les francophones de McGill peuvent compter sur une communauté active, qui tend à s’entraider – dans les cours, par exemple.

« Et il y a plein de ressources en français à McGill, même si c’est anglophone. Déjà, tu peux quand même soumettre tes travaux en français », rappelle-t-elle.

Fière de sa fibre francophone, Djamila participe pour la première fois cette année à l’organisation de la Francofête à titre de représentante étudiante.

 

La Francofête : le français à l’honneur

L’événement, qui aura lieu du 9 au 31 mars cette année, est le fruit du travail et de l’engagement des 14 membres de son comité organisateur, issus de tous les secteurs de la communauté de McGill – population étudiante, personnel administratif et corps professoral – et des collaborations qu’ils ont su mettre en place.

« Notre riche programmation est aussi due à la réponse enthousiaste des membres de la communauté mcgilloise à l’invitation lancée à tous et toutes en janvier. La Francofête est ainsi créée pour et par notre communauté. L’édition 2026 compte plus d’une trentaine d’activités au programme, soit le double de l’an dernier. Pour nous, c’est la preuve que le français est bien vivant à McGill », souligne Manon Gadbois, responsable de l’initiative Vivre McGill en français et coordonnatrice du comité organisateur.

Le thème de l’édition 2026, McGill, Montréal et le Québec – Une langue qui crée des ponts et ouvre des horizons, s’aligne sur les priorités du recteur, soit S’investir chez nous : Mettre à profit deux siècles d’enracinement au Québec pour faire progresser le savoir, l’innovation et les partenariats qui renforcent notre société.

« Depuis plus de 200 ans, l’Université McGill est profondément ancrée à Montréal et au Québec. La confiance que les Québécoises et les Québécois nous accordent depuis des générations a permis à notre université d’atteindre l’excellence et, en retour, de contribuer activement à la vitalité du Québec », affirme Deep Saini, recteur et vice-chancelier.

« S’investir chez nous, c’est reconnaître que cet enracinement nous engage collectivement. Tout comme nous faisons progresser le savoir, l’innovation et les partenariats au bénéfice du Québec, cela signifie aussi affirmer la place essentielle du français au sein de notre université. Sur nos campus, le français façonne la vie intellectuelle et communautaire et témoigne de notre attachement durable au Québec. »

La récente nomination de Natallia Liakina à titre de vice-provost, Rayonnement du français, reflète aussi l’engagement de l’Université envers la francophonie.

 

Une fête pour les francophones et les francophiles

Si l’événement a pour objectif de célébrer la francophonie mcgilloise, il ne s’adresse pas seulement à ceux dont le français est la langue maternelle.

Ian Hendricksen prévoit prendre part à des activités de la Francofête pour la première fois cette année, motivé par la progression de son apprentissage.

Apprendre une nouvelle langue peut être intimidant, mais, avec le temps, on y arrive et ça en vaut la peine, affirme-t-il.

Il existe d’ailleurs de nombreuses ressources à McGill pour les membres de la population étudiante qui souhaitent apprendre le français.

Djamila Mostefai encourage elle aussi les curieux du français à se lancer. Son conseil? Ne pas hésiter à socialiser avec des francophones et à consommer des médias en français.

Et notre conseil? Participer à la Francofête, bien sûr!

Consultez le calendrier complet des activités.