
Aux Bibliothèques de l’Université McGill, le personnel ne ménage pas ses efforts pour intégrer le développement durable à ses activités quotidiennes.
Déjà titulaire de la certification LEED Or, le Centre des collections de l’Université McGill a réaménagé ses espaces verts environnants en un milieu propice à la biodiversité, comprenant notamment un jardin pour les papillons et une pelouse fleurie.
Par ailleurs, les Bibliothèques de l’Université McGill pourraient bientôt compter parmi les premières bibliothèques de recherche canadiennes à mener à terme un programme spécialisé de certification internationale.
D’autres mesures en faveur du développement durable sont venues s’ajouter à ces efforts : toutes les bibliothèques de McGill ont obtenu la Certification sur les milieux de travail durables, et plusieurs servent désormais de centres de rafraîchissement en période de canicule.
« Ce qui me frappe surtout, c’est l’enthousiasme et l’engagement de nos équipes », souligne Guylaine Beaudry, doyenne des Bibliothèques et titulaire de la chaire Trenholme. « Dans l’ensemble de notre réseau, elles trouvent des moyens concrets et créatifs d’intégrer le développement durable à nos activités quotidiennes. »
De bouquins et de jardins
Situé à Salaberry-de-Valleyfield, le Centre des collections de l’Université McGill abrite 2,4 millions de documents, dont quatre membres du personnel assurent la gestion. Le Centre offre peu de commodités, et ses espaces extérieurs étaient jusqu’ici laissés en grande partie à l’état naturel.
« Il n’y avait aucun aménagement paysager. Le seul entretien consistait à tondre le terrain deux fois par année », explique Anne-Marie Fournier, superviseure de l’entretien et du Centre des collections. « Il nous arrivait de voir des cerfs et des dindons sauvages, mais après la tonte, ils ne revenaient plus. Nous avons donc réfléchi à la meilleure façon de faire une place à la faune et de mieux cohabiter avec elle. »
De ces séances de remue-méninges sont nées plusieurs idées ambitieuses, plus précisément la création de cinq espaces distincts visant à rendre les terrains plus vivants, diversifiés et riches sur le plan écologique : une oasis pour les oiseaux, un jardin pour les papillons, une prairie fleurie, des bacs de jardinage surélevés et un espace de détente pour le personnel.
« Notre objectif était de créer une série de petits écosystèmes complémentaires qui contribuent à la biodiversité des terrains du Centre », indique la superviseure.
Pour concrétiser ses idées, l’équipe a obtenu plus de 8 000 $ du Fonds des projets durables de McGill, qui a financé plus de 400 initiatives jusqu’à présent. Les travaux ont pris fin au début de juillet, et le personnel est enchanté du résultat.
« Tout le monde est vraiment emballé, affirme Anne-Marie Fournier. Ce projet a insufflé un nouvel élan à l’équipe et ravivé notre fierté à l’égard de notre milieu de travail. »
On y trouve principalement des plantes qui attirent les pollinisateurs et des fleurs indigènes, dont bon nombre ont été cultivées à partir de graines provenant de la Bibliothèque de semences du campus Macdonald. La nature a rapidement repris ses droits : plus de 50 espèces, allant du cardinal au trèfle, ont déjà été recensées sur l’application iNaturalist.
« Ce projet cadre parfaitement avec les objectifs de McGill en matière de développement durable et avec l’engagement des Bibliothèques à créer des milieux de travail inclusifs, bienveillants et tournés vers l’avenir, affirme Guylaine Beaudry. Je salue la vision et l’esprit d’initiative dont l’équipe a fait preuve. »
Même si le personnel s’est engagé à entretenir les terrains, l’objectif à long terme est de laisser les jardins évoluer naturellement et s’adapter aux conditions environnantes.
Une équipe qui voit vert
Parallèlement, la vice-doyenne Jenn Riley supervise les démarches des Bibliothèques de l’Université McGill en vue de mener à bien le Programme de certification des bibliothèques durables, initiative internationale qui vise à renforcer l’engagement des bibliothèques à l’égard de la responsabilité environnementale, de la viabilité économique et de l’équité sociale.
McGill devient ainsi le premier établissement membre de l’Association des bibliothèques de recherche du Canada à entreprendre cette démarche. Les Bibliothèques espèrent également être les premières à satisfaire aux 110 critères du programme d’ici la fin de 2026.
« Le défi est considérable », reconnaît la vice-doyenne au sujet de ce programme qui s’échelonne sur plusieurs années.
« McGill est déjà un campus durable », souligne-t-elle, évoquant son neuvième rang au palmarès QS en matière de développement durable. « Nous en faisons déjà tellement que nous pourrions presque satisfaire à tous les critères en nous appuyant uniquement sur ce qui est déjà en place. Mais ce serait nous contenter de nos acquis. Si nous participons à ce programme, c’est pour nous améliorer, nous dépasser et en faire davantage. »
Le programme donne déjà naissance à de nouvelles initiatives : à la Bibliothèque de musique Marvin-Duchow, un système d’échange permet d’emprunter ou de déposer un sac réutilisable, tandis qu’un groupe de lecture sur l’action climatique destiné à la population étudiante sera mis à l’essai cet automne.
De plus, les Bibliothèques de l’Université McGill se sont donné pour objectif d’obtenir la Certification sur les milieux de travail durables dans l’ensemble de leurs établissements. À ce jour, 14 unités – dont neuf bibliothèques et le Centre des collections – ont obtenu une certification bronze ou de niveau supérieur. Le Centre des collections et la Bibliothèque d’études islamiques se distinguent avec une certification platine, la plus haute distinction du programme.
« Nous souhaitons faire de notre réseau de bibliothèques universitaires un modèle plus durable, qui mise sur de bonnes pratiques, affirme la vice-doyenne. Mais nous voulons aussi repousser les limites et innover. »
