Mise sur pied du Conseil consultatif Onkwehón:we  

Le groupe fera progresser la représentation des Autochtones et la réconciliation à l’Université 
McGill's Onkwehón:we Advisory Council
Le Conseil consultatif Onkwehón:weOwen Egan/Joni Dufour

L’Université McGill vient de créer le Conseil consultatif Onkwehón:we (CCO). Dirigée par des Autochtones, cette instance veillera à accroître la représentation autochtone à l’Université et à faire progresser les engagements à long terme de l’établissement en matière de vérité et de réconciliation.

La mise sur pied du Conseil fait suite aux 52 appels à l’action lancés par le Groupe de travail du vice-principal exécutif sur les études et l’éducation autochtones, constitué en 2017. Plus précisément, elle répond à l’appel à l’action no 51, qui porte sur la création d’un conseil consultatif autochtone investi d’un mandat bien défini et comprenant une forte représentation de la communauté mcgilloise, ainsi qu’à l’appel no 22, qui porte sur l’importance de la participation autochtone à la gouvernance de l’Université.

« En tant que provost et vice-rectrice principale aux études, il m’incombe d’assurer la mise en œuvre des 52 appels à l’action et de guider McGill sur la voie de la vérité et de la réconciliation, déclare Angela Campbell. Au fil de cette mission, j’ai appris que la réconciliation n’était pas une fin en soi, mais bien un engagement indéfectible, un moyen de nouer des relations respectueuses avec les communautés autochtones, de les écouter attentivement afin d’apprendre à leurs côtés, de mieux les comprendre et de nourrir notre réflexion sur notre collaboration avec elles. »

Diverses universités canadiennes ont, elles aussi, constitué des conseils consultatifs autochtones dans une optique de réconciliation par la réforme de la gouvernance. Ces instances jouent un rôle essentiel dans l’intégration des systèmes de savoirs et du leadership autochtones dans les processus décisionnels de l’université, la responsabilisation et l’établissement de relations à long terme avec les nations et les communautés autochtones.

« Grâce au Conseil consultatif Onkwehón:we, nous pourrons continuer d’avancer sur la voie de la réconciliation en nous portant encore davantage à la rencontre des Autochtones, ajoute Deep Saini, recteur et vice-chancelier de l’Université McGill. Ce conseil témoigne de notre engagement à tisser des liens et à collaborer durablement, sous le signe de la responsabilisation, dans le but d’opérer un changement institutionnel véritable et durable. »

 

Un mandat enraciné dans l’avancement autochtone

Le Conseil consultatif Onkwehón:we contribuera à l’avancement des peuples autochtones en formulant des recommandations à l’intention de la direction et des instances de gouvernance de l’Université dans des dossiers liés à l’éducation autochtone et aux relations de McGill avec les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Son travail d’orientation portera sur les politiques, les programmes, les initiatives de recherche, les cours et les services qui concernent les personnes étudiantes, les professeurs et professeures, le personnel et les communautés autochtones. L’objectif est la prise de décisions éclairées et responsables, fondées sur les perspectives, le vécu et les priorités des communautés autochtones.

 

Des principes phares autochtones

Le Conseil s’appuie sur des principes de gouvernance autochtones et suit les enseignements culturels de Ka’nikonhri:io (l’Esprit bienveillant) ainsi que les Sept enseignements des Grands-Pères, qui préconisent le respect, la responsabilité relationnelle et le leadership éthique.

Les réunions sont présidées par Celeste Pedri-Spade, vice-provost aux initiatives autochtones, qui siège en tant que membre d’office sans droit de vote. Dans la prise de décisions, le Comité privilégie le consensus, conformément aux principes autochtones de gouvernance collective.

« Le relationnel est fondamental en gouvernance autochtone, explique la Pre Pedri-Spade. Au sein du Conseil, on ne se contente pas de consulter les communautés autochtones : on met à contribution leur savoir et leur leadership pour façonner l’orientation de l’Université. Le but est de tisser des relations pérennes, ancrées dans la responsabilité et le respect mutuel. »

 

Une large représentation autochtone

Le Conseil consultatif Onkwehón:we rassemble des dirigeants et des représentants autochtones de l’Université, certes, mais aussi de l’extérieur. Ainsi, on y trouve des représentants des communautés Kanién’kehá:ka locales ainsi que des représentants du Conseil en éducation des Premières Nations (CEPN), de Makivvik et de la nation algonquine anichinabée.

« Le Conseil en éducation des Premières Nations est honoré de faire partie du Conseil consultatif Onkwehón:we. Forts de notre expertise en matière d’éducation des Premières Nations – du préscolaire à l’université, puisque nous aspirons à créer la Maison des savoirs, une université pensée par et pour les Premiers Peuples –, nous espérons que notre participation à cet organe consultatif contribuera à l’installation d’un environnement propice à la réussite des personnes étudiantes des Premières Nations », souligne Philippe Girard, coordonnateur du projet universitaire au CEPN.

Siègent également au Conseil des personnes étudiantes autochtones, un membre autochtone du corps professoral et une personne représentant une communauté autochtone de Montréal, ce qui offre une diversité de points de vue et d’expériences. Enfin, le Conseil pourrait convier à ses discussions, au besoin, d’autres membres de la communauté mcgilloise ou des spécialistes externes.

 

Des relations déjà bien établies

La création du Conseil se veut le prolongement des initiatives que l’Université a mises en place pour aller à la rencontre des Autochtones; pensons, notamment, à « Education in the Longhouse » : des dirigeants et dirigeantes de l’Université se sont rendus dans la communauté mohawk de Kahnawà:ke pour une journée d’apprentissage, de dialogue et de collaboration.

Cette initiative a fait ressortir l’importance de l’écoute, de la présence et de l’apprentissage dans des cadres autochtones, éléments absolument essentiels à l’établissement de liens. Comme on peut le constater, l’Université est parfaitement consciente que la réconciliation passe par des échanges s’inscrivant dans la durée et non par des consultations ponctuelles ni des engagements symboliques.

 

Une responsabilisation indéfectible

Le Conseil consultatif Onkwehón:we se réunira deux fois par année, rencontres auxquelles s’ajouteront des réunions ou des consultations au besoin. Le Bureau des initiatives autochtones assurera le soutien administratif, en plus de consigner et de diffuser les recommandations et les réalisations du Conseil.