McGill tient une conférence commémorative pour souligner la 20e Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste

La professeure Aliza Luft, petite-fille de quatre survivants de l’Holocauste, parlera de race et de religion dans la France de Vichy

Candles in the dark

Le 27 janvier marque la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, 20 ans après sa proclamation par les Nations Unies et 81 ans après la libération du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau.

L’Université McGill soulignera cette journée par une conférence commémorative d’Aliza Luft, professeure adjointe de sociologie à l’Université de Californie à Los Angeles.

Le mardi 27 janvier à 17 h, à la Maison Thomson, la professeure Luft présentera ses recherches en donnant une conférence intitulée « Entre Dieu et Vichy : Religion, race et Holocauste en France ».

Il s’agit d’un retour aux sources pour Aliza Luft, qui a grandi à Montréal.

« Petite-fille de quatre survivants de l’Holocauste, j’ai été élevée dans la communauté juive de Montréal, déclare-t-elle. Pour moi, l’Holocauste n’est pas un événement historique abstrait, mais une présence vivante qui a façonné les histoires familiales, les silences, les institutions et les engagements moraux. En acceptant cette invitation, j’ai posé un geste à la fois profondément personnel et résolument professionnel. »

 

Des événements tragiques

Aliza Luft
Aliza Luft

Si la professeure Luft a accepté de prononcer la conférence commémorative, c’est parce qu’elle croit que « le devoir de mémoire prend tout son sens lorsqu’il invite à une analyse critique de notre passé, permettant de mieux comprendre nos responsabilités et d’agir en conséquence dans le présent ».

« En tant que sociologue étudiant les génocides, la violence et la prise de décision morale, j’examine les réactions des gens ordinaires et des organisations à des dilemmes moraux difficiles. Le devoir de mémoire devrait aller au-delà du rituel et devenir une responsabilité éthique et civique », affirme-t-elle.

« Cette prise de parole à McGill lors de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste offre une occasion rare de faire le lien entre le souvenir personnel, la recherche universitaire et la réflexion publique dans un lieu qui a contribué à forger ma personnalité. »

La conférence commémorative de l’Université McGill vise à honorer la mémoire des victimes de l’Holocauste, à sensibiliser le public à l’antisémitisme ainsi qu’à combattre la haine et à promouvoir la compréhension au moyen de l’éducation et de la recherche.

Selon Ula Madej-Krupitski, professeure adjointe au Département d’études juives de l’Université McGill, il s’agit d’un événement essentiel.

Rachel Hatcher
Rachel Hatcher

« J’espère que les personnes qui y assisteront acquerront une compréhension plus approfondie des complexités morales propres à ce contexte historique, mais qu’elles seront aussi amenées à réfléchir plus généralement aux questions relatives à la capacité d’agir, à la confiance et à la solidarité dans d’autres situations de crise morale », déclare-t-elle.

Pour Rachel Hatcher, agente de liaison auprès des étudiantes et étudiants juifs à McGill, cette conférence est une expérience éducative.

« L’apprentissage et les discussions au sujet de cet événement, et d’autres événements tragiques, contribuent à l’instauration d’une culture du dialogue dont nous avons grandement besoin, ainsi qu’à une meilleure reconnaissance du parcours des gens qui nous entourent, des héritages du passé qu’ils portent en eux dans le présent », indique Rachel Hatcher.

« Cette conférence permet à la communauté mcgilloise et à la population montréalaise de se réunir pour rendre hommage aux millions de personnes tuées par le régime nazi et ses alliés, et de s’informer sur l’Holocauste, sur la haine et les circonstances qui ont poussé les nazis et d’autres à agir, et sur les nombreux actes de résistance et de solidarité qui ont également été posés. »

 

La conférence commémorative se tiendra le mardi 27 janvier à 17 h à la Maison Thomson, au 3650, rue McTavish.