McGill Sécurité donne suite aux recommandations étudiantes en matière d’identification des agents

Une conception fondée sur la recherche intègre des éléments visant à améliorer la reconnaissance et la rétention de la mémoire.

Close up of the new McGill security agent ID badge.

Les uniformes des agents du Service de sécurité de l’Université McGill comportent désormais des identifiants alphanumériques, soit trois lettres prononçables puis une combinaison chiffres et lettre, un système recommandé par un professeur du Département de psychologie.

Au Québec, les agents de sécurité ne sont pas tenus d’afficher leur nom sur leur uniforme. Pour certains représentants étudiants élus, cela posait problème dans les situations de tension sur le campus. La question a donc été soulevée lors de rencontres organisées par le chef de la sécurité (CSO) de McGill au cours de l’année universitaire 2025-2026.

« Nous avons discuté du fait que la mémoire peut être peu fiable dans des situations tendues ou stressantes », explique Naya Wardeh, récente diplômée du Département des sciences cognitives de McGill et ancienne présidente de l’Arts and Science Undergraduate Society. « Lorsque les identifiants sont de simples suites arbitraires de chiffres, ils sont difficiles à retenir, surtout au milieu d’une confrontation. »

Le chef de la sécurité, Tom O’Neill, a reconnu la pertinence de cette préoccupation.

« J’ai demandé si des étudiants autour de la table étudiaient la psychologie ou d’autres disciplines comptant des spécialistes de la mémoire. Naya a levé la main, puis a communiqué avec l’un de ses professeurs », raconte-t-il.

Un système éclairé par la recherche sur la mémoire

« La question des identifiants des agents de sécurité m’a rappelé les cours du professeur Oliver Hardt sur les témoignages oculaires dans son cours d’introduction à la mémoire », se souvient Mme Wardeh. « Nous avions discuté de la façon dont notre mémoire peut devenir particulièrement peu fiable dans des situations tendues ou stressantes. Si les identifiants sont de simples suites de chiffres, me suis-je dit, qui va réussir à tout retenir au beau milieu d’une confrontation ? J’ai donc contacté le professeur Hardt au sujet de cet enjeu de conception. »

Le professeur Hardt a accepté d’aider Mme Wardeh.

« Je n’ai pas proposé ce système pour aider le Service de sécurité de McGill en soi. Je voulais m’assurer que la solution adoptée soit cohérente avec ce que nous savons de l’attention et de la formation des souvenirs en situation de stress, et qu’elle soit utile aux étudiants qui interagissent avec un agent de sécurité », explique-t-il.

« Les identifiants ont été conçus pour être faciles à lire et à mémoriser, même dans des situations émotionnellement éprouvantes ou stressantes. Concrètement, ils se composent d’une combinaison de trois lettres prononçables et de trois chiffres. »

Idéalement, les combinaisons de lettres seront réutilisées le moins possible. Ainsi, une personne qui ne retient que la première moitié d’un identifiant pourra quand même soumettre un signalement en réduisant considérablement le risque d’erreur d’identification.

Des identifiants plus accessibles

Le nouveau système tient compte de la visibilité et comprend des recommandations concernant les polices de caractères, l’espacement, l’évitement de certaines couleurs et la priorité accordée aux lettres et chiffres les plus distinctifs. Le professeur Hardt souligne également que l’emplacement des éléments alphanumériques peut faciliter l’identification et la mémorisation pour tous.

« À l’aide de mesures standard de distinctivité, les identifiants générés ont été classés selon leur probabilité d’être encodés et fidèlement conservés dans la mémoire à long terme. À partir de cette liste, j’ai également éliminé les combinaisons de lettres susceptibles d’exposer quiconque à des moqueries », précise-t-il.

O’Neill a reconnu les avantages du système proposé et a cherché à le mettre en œuvre le plus rapidement possible. Il a notamment collaboré avec le Service des achats de McGill afin de sélectionner un fournisseur et de distribuer les nouveaux insignes au cours de l’été.

O’Neill et Mme Wardeh estiment tous deux que le succès du projet repose sur la collaboration. Pour Mme Wardeh, la possibilité de mettre à profit les connaissances acquises dans le cadre de ses études en sciences cognitives est particulièrement gratifiante.

« La conception du système s’appuie sur des notions que nous abordons en classe, comme le regroupement d’information (chunking), la mémoire de travail et l’effet de primauté. Voir ces concepts appliqués à un problème concret m’a aussi amenée à apprécié encore plus les possibilités qu’offre mon diplôme », affirme Mme Wardeh.

O’Neill ajoute :

« Pour nous, il s’agit d’un exemple de collaboration entre les étudiants, le corps professoral et le Service de sécurité qui a permis de mettre au point une solution pratique répondant à un besoin réel. Cela démontre la valeur d’un dialogue ouvert, particulièrement entre des personnes aux expériences variées. »

Pour obtenir davantage d’information sur le nouveau système et sur les façons de communiquer avec le Service de sécurité du campus, consultez les pages Web du Service de sécurité.