
« Nous avons toujours pris soin de souligner les réalisations de nos diplômées et diplômés autochtones, mais nous avons dû le faire à distance au cours des dernières années, a déclaré Celeste Pedri-Spade, vice-provost aux initiatives autochtones, lors de la cérémonie de remise du foulard de 2026. Le fait d’être de nouveau réunis ici revêt une signification toute particulière. »
L’événement du 29 mai, tenu au Cercle universitaire, était la première cérémonie de remise du foulard en personne depuis la pandémie de COVID-19. Cette année, l’Université a rendu hommage à 88 diplômées et diplômés des Premières Nations, métis et inuits ayant terminé un programme de doctorat, de maîtrise, de premier cycle ou de certificat.
Celeste Pedri-Spade a souligné que l’éducation, c’est bien plus qu’un diplôme, c’est un outil durable qui façonne notre parcours dans la vie et qui nous donne les moyens « de réfléchir de façon critique, de nous adapter, de remettre les choses en question, de diriger et de ne jamais cesser d’apprendre ».
Dans son allocution, elle a invité les personnes diplômées à considérer leur diplôme comme un élément d’une histoire plus vaste, fondée sur la persévérance et l’autodétermination. « Le diplôme ouvre des portes, certes, mais surtout, il vous donne la confiance et la capacité de créer vos propres portes lorsqu’aucune ne s’offre à vous, a-t-elle ajouté. Il n’est pas seulement une attestation de vos études; il fait partie de votre histoire. Il vous accompagnera toujours. »
Les réflexions de la vice-provost ont donné le ton à une soirée qui se voulait à la fois une célébration et un point de départ, et ont rappelé que l’éducation se prolonge dans l’engagement communautaire, le leadership et l’apprentissage tout au long de la vie.
L’éducation repose sur les relations humaines
Robert Spade, conseiller culturel principal, a ouvert la soirée en ancrant la cérémonie dans des enseignements sur les relations, les responsabilités et les modes d’apprentissage. Il a précisé que l’éducation n’était pas seulement un processus formel, mais aussi comme une expérience profondément humaine, enracinée dans le territoire, la collectivité et l’expérience vécue.
« L’éducation est profondément humaine. C’est une démarche enrichissante qui nous permet d’apprendre de nos familles et du monde qui nous entoure. Nous apprenons de multiples façons et développons de nombreuses formes de savoir. C’est une belle façon d’exister. »
Par ses paroles, il a mis en lumière la dimension relationnelle de l’apprentissage et a rappelé que les personnes diplômées ne construisent pas leur parcours seules, mais avec l’appui de leur famille, de leur collectivité et de celles et ceux qui les accompagnent.
Robert Spade a d’abord interprété un chant d’honneur saluant la persévérance des diplômées et diplômés, et soulignant « les moments où ils ont dû s’affirmer ». Cette prestation témoignait à la fois de la résilience individuelle et de la force collective. Ce thème a été présent tout au long de la soirée. Les personnes diplômées et les membres de l’administration ont souligné l’importance des liens tissés au fil des années pour surmonter les obstacles et atteindre les objectifs.
« Les études ont évidemment occupé une grande partie de votre temps, mais les relations que vous avez nouées et ce que vous avez appris sur vous-mêmes sont tout aussi importants, sinon davantage, a déclaré Angela Campbell, provost et vice-rectrice principale aux études. Bien sûr, vous avez beaucoup appris dans vos disciplines respectives, mais ce que la vie universitaire nous donne de plus beau, c’est la capacité de comprendre quelles questions nous devons poser. »
À l’issue des discours, chaque personne diplômée a été appelée sur scène pour recevoir son diplôme ou son certificat ainsi qu’un foulard. Les foulards ont récemment été repensés par Tammy Beauvais (Kanien’kehá:ka, Kahnawà:ke) et Michael Yellowhair (Navajo), en collaboration avec des membres des communautés autochtones de McGill.
Le nouveau motif renferme une tortue représentant l’Île de la Tortue (l’Amérique du Nord) et met en valeur les particularités des peuples métis, inuits et des Premières Nations ainsi que de leurs terres et territoires, a expliqué Brittanny Janvier, directrice du Bureau des initiatives autochtones.
Reconnaissance envers la Maison des peuples autochtones
Les diplômées et diplômés ainsi que leurs proches ont été invités à prendre la parole durant la période de micro ouvert. Plusieurs ont profité de l’occasion pour remercier leurs proches et les membres de la communauté qui les ont soutenus tout au long de leur parcours.
Plusieurs participantes et participants ont également exprimé leur gratitude envers le personnel de la Maison des peuples autochtones de l’Université. Delanie Havrelock (Crie, Saddle Creek), titulaire d’un B.A. en études est-asiatiques, a dit que la Maison des peuples autochtones lui avait permis de « trouver un moyen de se sentir valorisée ».
« Il m’a fallu sept ans pour obtenir mon diplôme, a-t-elle raconté. Je tiens à remercier la Maison des peuples autochtones, parce que, sans Matthew et toute l’équipe, j’aurais abandonné. Ils m’ont aidée à comprendre que l’échec n’était pas une fin en soi, mais une occasion d’apprendre et de progresser. »
Delanie a aussi travaillé à la Maison des peuples autochtones et a été élue commissaire aux affaires autochtones de l’Association étudiante de l’Université McGill. Pendant ses études, elle a contribué à la réalisation d’une murale au Centre universitaire, organisé un marché autochtone et participé à la création d’une bourse destinée à des étudiantes et étudiants autochtones, ce qu’elle considère comme sa plus grande réalisation.
« Je n’aurais jamais trouvé cette force sans ces personnes merveilleuses. Merci du fond du cœur », a-t-elle ajouté.
Kristen Moar (Crie, Nemaska), diplômée du programme de certificat en administration et gouvernance publiques, a exprimé un sentiment semblable.
« Je l’ai fait pour ma fille. Elle commencera ses études à McGill cet automne et je sais qu’elle y trouvera tout le soutien dont elle aura besoin. »
Des histoires qui comptent
Après le repas, les personnes présentes ont assisté à une dernière prestation au tambour de Robert Spade, qui a conclu la soirée en rappelant l’importance du parcours de chaque diplômée et diplômé.
« Il y a ici de nombreuses histoires. Allez les raconter autour de vous », a-t-il lancé.