
Notre pow-wow, qui se tient habituellement sur le campus du centre-ville, se tiendra pour la première fois sur le terrain Watson : on estime que ce lieu, niché entre le campus Macdonald de l’Université McGill et le Cégep John Abbott, sera plus facilement accessible pour de nombreux participants.
Prise à l’occasion de la 24e édition du pow-wow, cette décision – fruit d’une importante collaboration entre les deux établissements – met de l’avant les valeurs fondamentales des peuples autochtones, qui sont la communauté, le partage des connaissances et le respect de la terre et des traditions.
Pour Celeste Pedri-Spade, vice-provost aux initiatives autochtones à McGill, ce changement est à la fois symbolique et profondément significatif.
« Le pow-wow vise avant tout à créer des liens et à renforcer le sentiment d’appartenance. Cette tradition culturelle partagée par toutes les communautés autochtones de l’Île de la Tortue est enracinée dans le respect de la personne, de l’environnement, de la terre et de la communauté. »
Celeste Pedri-Spade considère le partenariat avec le Cégep John Abbott comme un prolongement naturel de cette philosophie.
« Les liens et la collaboration sont au cœur de nombreuses cultures autochtones, et c’est un honneur de travailler avec l’équipe de John Abbott. Cet espace partagé accueillera des gens qui feront peut-être connaissance pour la première fois avec des membres de McGill et de John Abbott, », souligne-t-elle.
Brittanny Janvier, directrice, Initiatives autochtones et membre du comité organisateur, exprime un sentiment similaire.
« Cette année marque un tournant : pour la première fois, nos établissements s’unissent pour créer un événement à la fois ancré dans la tradition et ouvrant la voie à de nouvelles possibilités. Le pow-wow nous rappelle avec force que la culture autochtone est vivante, en constante évolution et profondément liée à la communauté. »
Retour aux sources
Davantage axé sur les spectacles lors des éditions précédentes, l’événement, qui se tiendra le 19 septembre, adoptera cette année un format plus traditionnel.
« Un pow-wow traditionnel est davantage une compétition », explique Kim Tekakwitha Martin, doyenne, Études autochtones, Programmes de transition et Intervention en criminologie au Cégep John Abbott. « Il y aura différentes catégories de danse, des prix et un grand défilé avec une cérémonie d’ouverture dirigée par des Aînés. Ce sera l’occasion pour les non-Autochtones d’assister à un véritable pow-wow. »
Kim Martin souligne que le déplacement du pow-wow dans l’Ouest-de-l’Île favorise l’inclusivité et l’accessibilité.
« Les places de stationnement sont plus nombreuses et nous sommes plus près des écoles et des groupes pour qui la distance pouvait être un frein, précise-t-elle. Nous avons invité les étudiants de Kahnawà:ke, de Kanehsatà:ke et des élèves d’écoles locales, et avons communiqué avec la STM pour demander qu’un service d’autobus supplémentaire soit offert pour l’occasion. »
Il y aura également un service de navette gratuit entre le campus du centre-ville et le site du Pow-wow le jour de l’événement.
Respect de l’environnement
Cette nouvelle collaboration va au-delà de la simple logistique. En effet, les étudiants et étudiantes des programmes Techniques policières et Soins paramédicaux de John Abbott apporteront leur aide pendant l’événement, en collaboration avec le Service de sécurité de McGill et Ambulance Saint-Jean. Les deux établissements feront également appel à leurs équipes du développement durable, qui s’assureront que l’événement se déroule dans le respect du territoire.
« Il est impensable d’organiser un événement autochtone sans tenir compte de l’impact sur le territoire, relève Kim Martin. La Brigade verte de John Abbott est formidable : composée de membres du corps professoral et de la population étudiante, elle aide à la gestion des déchets, au compostage et au recyclage. Elle collaborera avec l’équipe du développement durable de McGill pour s’assurer que tout se passe bien. »
Outre les danseurs et percussionnistes présents, des artisans venus de la ville et des communautés voisines proposeront des objets d’art, des bijoux, des bougies et des produits de beauté. On pourra également déguster des plats traditionnels.
Un événement pour les étudiants et étudiantes autochtones
L’incidence réelle du pow-wow se répercute bien au-delà de la fête elle-même.
« Ce pow-wow vise à épauler les étudiants autochtones, rappelle Celeste Pedri-Spade. Nous oublions souvent à quel point on peut se sentir isolé lorsqu’on vient d’une communauté éloignée pour étudier dans un établissement où on ne connaît personne. Les événements comme celui-ci permettent de créer des liens et de renforcer le sentiment d’appartenance. »
Kim Martin fait écho à ces propos et souligne l’importance de créer un réseau.
« Certains étudiants et étudiantes de John Abbott s’inscriront peut-être à McGill et, s’ils ont déjà créé des liens grâce à des événements comme celui-ci, ils sauront qu’une communauté les y attend. C’est précieux. »
Brittanny Janvier ajoute que le pow-wow peut laisser une impression durable au-delà de la fête comme telle : « C’est la première fois que nous faisons quelque chose comme ça, que nous réunissons deux établissements, que nous ouvrons l’espace et que nous permettons à d’autres personnes de faire entendre leur voix. C’est le fruit du leadership autochtone et d’un engagement à faire les choses autrement, avec intention et attention. »
Un partenariat fructueux
Les deux établissements collaborent déjà à plusieurs initiatives éducatives, notamment à un parcours pour les candidats et candidates autochtones qui souhaitent s’inscrire au programme préparatoire Dent-P de la Faculté de médecine dentaire et des sciences de la santé orale de McGill, et au programme de rayonnement communautaire Branches, qui offre du mentorat et du soutien scolaire aux jeunes des communautés sous-représentées. Selon Kim Martin, ces partenariats prouvent que lorsque les établissements travaillent main dans la main, tout le monde y gagne.
« Les peuples autochtones ont toujours travaillé ensemble, et partagé leur espace et leurs connaissances, rappelle-t-elle, et c’est ce que ce pow-wow met en évidence. Au-delà de la culture autochtone, nous célébrons la collaboration, la résilience et les liens que nous avons forgés. »
Comme le fait remarquer Celeste Pedri-Spade : « Le changement est difficile, mais il apporte son lot de possibilités. Nous avons l’occasion de repenser la manière dont les universités et les collèges collaborent pour épauler les peuples autochtones et leurs communautés respectives. Voilà de quoi se réjouir! »