L’Université McGill s’impose comme chef de file en recherche sur le cannabis

En mai, un symposium à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill réunira des experts et des stagiaires du Canada et de l’étranger

Le 4e Symposium scientifique sur le cannabis : des plantes aux personnes, qui se tiendra les 5 et 6 mai à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, réunira des scientifiques de renom ainsi que des chercheurs, décideurs politiques et parties prenantes du Canada et du monde entier. Allyn Howlett et Bruce Bugbee, deux des scientifiques les plus influents en recherche sur les cannabinoïdes et le cannabis, feront partie des conférenciers.

L’événement est organisé conjointement par le Centre de recherche sur le cannabis de l’Université McGill et le programme Assurance de la qualité et contrôle de la qualité pour la production de cannabis (AQCQC). Le Centre de recherche sur le cannabis s’est imposé comme chef de file mondial de l’approche scientifique multidisciplinaire du cannabis. Le programme AQCQC a formé plus de 50 étudiants aux cycles supérieurs de trois universités participantes, principalement à la maîtrise en sciences, dans différents domaines de la recherche sur le cannabis, y compris l’assurance et le contrôle de la qualité.

Comptant plus de 60 chercheurs affiliés sur les campus Macdonald et du centre-ville, ainsi qu’à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, le Centre s’intéresse à un large éventail d’aspects, de la culture aux applications biomédicales en passant par la production et les politiques.

Le symposium témoigne de l’aspect éducatif du travail du Centre, qui offre également des cours de courte durée en ligne sur le parcours du cannabis « des plantes aux personnes », dispensés en partenariat avec des établissements d’ailleurs dans le monde, notamment de Malte.

« Nous sommes passés de la planification de recherches futures à la mise en lumière, par les stagiaires, des travaux importants qu’ils effectuent actuellement », dit Carolyn Baglole, directrice du Centre de recherche sur le cannabis et professeure agrégée au Département de médecine.

 

Potentiel médical

Carolyn Baglole, directrice du Centre de recherche sur le cannabis

La recherche sur le cannabis a évolué de manière spectaculaire depuis la légalisation de la plante au Canada, en 2018. Ce changement décisif a ouvert des portes à l’exploration académique et clinique, auparavant limitée par la loi, et a permis aux chercheurs de mobiliser leur expertise en biologie végétale, en toxicologie ou en médecine pour l’appliquer au cannabis.

Malgré une utilisation de longue date par l’être humain, « nous nous sommes rapidement rendu compte du peu de connaissances que nous avions sur la plante de cannabis et du potentiel qu’elle recèle, en particulier pour les applications médicales, précise Carolyn Baglole. La quête d’un juste équilibre entre sécurité et efficacité, ainsi que les lacunes importantes dans les connaissances, nous ont ouvert des perspectives de recherche particulièrement stimulantes. »

« Au fur et à mesure que de nouvelles données scientifiques émergeront, notre compréhension du potentiel du cannabis progressera », ajoute-t-elle.

« Les applications médicales resteront au premier plan de la recherche sur le cannabis. Le public, les scientifiques et le monde médical veulent tous mieux comprendre les usages possibles du cannabis », explique Carolyn Baglole.

« Mes propres travaux sur les maladies pulmonaires chroniques causées par la fumée de cigarette m’ont naturellement amenée à examiner l’effet de l’inhalation de cannabis sur les poumons, poursuit-elle. La légalisation du vapotage et sa popularité grandissante, surtout chez les jeunes, ont fait de ce sujet un axe central de mon programme de recherche. »

 

Contrôle et assurance de la qualité

Mark Lefsrud, directeur du programme AQCQCTom DiSandol

La légalisation a ouvert des perspectives intéressantes pour les entreprises canadiennes du secteur du cannabis, mais des méthodes incohérentes et non validées ont entraîné une variabilité du rendement, de la teneur et de la qualité des produits.

Pour combler un manque de main-d’œuvre important, le Centre de recherche sur le cannabis de l’Université McGill a contribué à la création du programme AQCQC en 2020, par l’intermédiaire du Programme de formation orientée vers la nouveauté, la collaboration et l’expérience en recherche (FONCER) du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

« Plus de la moitié de nos stagiaires ont décidé de faire carrière dans l’industrie du cannabis ou au sein d’organismes gouvernementaux, mettant ainsi en pratique leur formation pour améliorer les normes et les méthodologies. Certains ont  obtenu un poste à Santé Canada, tandis que d’autres ont choisi de travailler à des opérations liées au cannabis ou à des travaux de réglementation à l’étranger », précise Mark Lefsrud, directeur du programme AQCQC et professeur agrégé en génie des bioressources. « Plusieurs de nos stagiaires s’orientent également vers la culture d’intérieur, car les compétences et les connaissances qu’ils acquièrent sont facilement applicables en environnement contrôlé. »

Les travaux menés dans le cadre du programme AQCQC vont de la germination et de l’extraction des graines au traitement post-récolte.

« À un stade plus avancé de nos recherches, nous avons entamé une collaboration avec Carolyn Baglole pour mener des études précliniques. Nous testons nos extraits de cannabis sur des cultures cellulaires afin d’examiner leurs effets biologiques et les mécanismes sous-jacents, explique Mark Lefsrud. Bien que nous ne réalisions pas d’études cliniques, nos recherches produisent des données précliniques précieuses. »

Les inscriptions pour le Symposium scientifique annuel sur le cannabis sont ouvertes.