L’Université McGill inaugure de nouvelles installations dédiées à la recherche et à l’enseignement en agriculture au campus Macdonald 

Une serre et une plateforme de recherche de pointe viennent amplifier les efforts du Québec et d’un consortium interuniversitaire en faveur de la sécurité alimentaire dans un contexte de changements climatiques  
Personnalités présentes lors de l’inauguration des nouvelles installations (de gauche à droite) : Salwa Karboune, doyenne de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement de l’Université McGill; Mohamad Nasser-Eddine, vice-président des programmes et de la planification à la Fondation canadienne pour l’innovation; Deep Saini, recteur et vice-chancelier de l’Université McGill; Francis Scarpaleggia, député de Lac-Saint-Louis; et Anja Geitmann, vice-rectrice aux relations internationales de l’Université McGillTom DiSandolo

En inaugurant une serre d’enseignement et des installations de phénotypage végétal de pointe sur son campus Macdonald, à Sainte-Anne-de-Bellevue, l’Université McGill vient d’entrer dans une nouvelle ère d’enseignement et de recherche en agriculture axés sur le climat.

Conçue à l’intention des étudiantes et étudiants au premier cycle et aux cycles supérieurs, la serre – adjacente au Pavillon Raymond – comprend sept sections de culture indépendantes, des laboratoires d’enseignement, des installations de culture tissulaire et une salle de cours qui permettent aux étudiants d’acquérir une expérience pratique des systèmes de production modernes. Construite dans une optique de durabilité, la serre est dotée d’un éclairage DEL, de systèmes écoénergétiques et d’un système de récupération des eaux de pluie pour l’irrigation.

Ce projet, financé à hauteur de 23 millions de dollars par le ministère de l’Enseignement supérieur du Québec et de 1,4 million de dollars par l’Université McGill, s’appuie sur plus d’un siècle d’expérience en enseignement, en recherche et en partenariats en agriculture à l’échelle de la province.

La cérémonie d’ouverture a réuni des dirigeants, des membres du personnel, des étudiants et des membres du corps enseignant de l’Université, ainsi que des invités de marque : Mohamad Nasser-Eddine, vice-président des programmes et de la planification à la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), et Francis Scarpaleggia, député de Lac-Saint-Louis et président de la Chambre des communes.

« Ce que nous soulignons aujourd’hui, ce n’est pas seulement la création d’une nouvelle infrastructure, mais aussi tout ce qu’elle représente : de nouvelles connaissances, de nouvelles solutions durables et de nouvelles générations d’étudiants prêts à jouer un rôle de premier plan dans un domaine essentiel », a déclaré Deep Saini, recteur et vice-chancelier de l’Université McGill.

« Depuis plus d’un siècle, l’Université McGill joue un rôle fondamental dans le secteur agricole québécois grâce à l’enseignement, à la recherche et à des partenariats dans toute la province. Le campus Macdonald est au cœur de notre apport, et l’inauguration d’aujourd’hui témoigne de notre engagement sans faille », a ajouté le recteur, lui-même phytobiologiste de formation.

 

Une capacité de recherche décuplée

Membres de la communauté du campus Macdonald dans la nouvelle serre d’enseignementTom DiSandolo

Parallèlement à la serre, l’Université McGill renforce ses capacités de recherche grâce à la Plateforme de phénotypage de plantes de l’Est du Canada (ECP3), créée en collaboration avec l’Université de Sherbrooke. Cette plateforme permettra de traduire la recherche sur les plantes en solutions concrètes pour les producteurs, et de positionner le Canada comme chef de file en agriculture adaptée au climat.

Unique au Canada, l’ECP3 renferme des outils permettant de cerner les caractéristiques des plantes résistantes aux changements climatiques et de réduire les répercussions environnementales, notamment une installation de confinement des phytoravageurs et un centre d’imagerie multi-échelle.

Anja Geitmann, vice-rectrice aux relations internationales et ancienne doyenne de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement, a retracé l’histoire du projet et a adressé ses sincères remerciements à toutes les personnes qui ont participé à sa réalisation.

« Les recherches que nous menons ici contribueront à préserver l’agriculture dans l’Est du Canada face à un climat en mutation en assurant la continuité de nos cultures, a indiqué la Pre Geitmann dans une déclaration précédente. Ces travaux joueront un rôle de premier plan dans les efforts qu’il faudra déployer pour garantir la sécurité alimentaire du Canada au XXIe siècle et au-delà. »

Cette initiative, d’une valeur de 23,8 millions de dollars, est financée par la FCI et le ministère de l’Enseignement supérieur.

Les installations de l’Université McGill s’ajoutent à celles qui ont été construites à l’Université de Sherbrooke en 2024 dans le cadre de la même initiative financée par la FCI. Avec le Centre SÈVE, elles forment un réseau de recherche commun à Montréal et dans les Cantons-de-l’Est et renforcent ainsi la collaboration entre les universités et les pouvoirs publics.

 

Investissement en agriculture au Québec

Cette inauguration témoigne de l’engagement de l’Université McGill à l’égard du campus Macdonald, qui abrite la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement et grâce auquel l’Université s’investit dans le secteur agroalimentaire québécois depuis plus d’un siècle.

« Il s’agit d’une étape importante pour notre faculté, et les nouvelles installations nous permettront de mener à bien nos missions d’enseignement et de recherche », a expliqué Salwa Karboune, doyenne de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement.

« L’agriculture et le secteur agroalimentaire sont essentiels pour l’économie du Québec et du Canada, mais aussi pour la société. Ce secteur doit faire face à une pression qui s’intensifie, notamment sous l’effet des changements climatiques, du stress environnemental et de l’instabilité géologique. C’est pourquoi les investissements, comme celui que nous soulignons aujourd’hui, revêtent une importance capitale », a-t-elle déclaré à l’assemblée.

Pour les étudiantes et étudiants, les retombées sont immédiates et transforment leur façon d’apprendre, de faire des expériences et de mener leurs recherches. Lors d’entretiens accordés au Reporter, ils avaient parlé avec enthousiasme de ce que ces nouvelles installations allaient représenter pour eux.

« L’accès à la nouvelle serre d’enseignement donne à nos enseignants la souplesse nécessaire pour concevoir des activités d’apprentissage enrichissantes », a déclaré Marie-Anne Lauzon-Miron, étudiante au premier cycle en sciences agroenvironnementales, spécialisée en production végétale et en agrologie. « En travaillant directement avec les plantes et l’équipement, nous acquérons des compétences pratiques indispensables pour faire carrière dans le secteur agricole. »

Lamha Kumar, doctorante en sciences végétales dans le laboratoire de la Pre Geitmann, estime que cette nouvelle plateforme de recherche permettra de réaliser des travaux plus poussés.

« En ayant accès à des plateformes d’imagerie et de phénotypage de pointe, je peux désormais établir un lien direct entre les différences anatomiques et le fonctionnement réel de la plante, a-t-elle déclaré. Au lieu de simplement décrire des structures, je peux maintenant comprendre ce qu’elles font réellement. »

Pour sa part, William Jordan, étudiant en première année de maîtrise en sciences végétales dans le laboratoire de Martin Filion, a dit que les avantages étaient également d’ordre pratique.

« Nous pouvons désormais mieux anticiper les menaces que les changements climatiques font peser sur notre approvisionnement alimentaire. En créant des environnements qui reproduisent des scénarios climatiques futurs, nous pouvons mettre le doigt sur les vulnérabilités et proposer des solutions concrètes. »

Grâce aux nouvelles installations, les étudiants et les chercheurs – ainsi que les travaux essentiels qu’ils mènent – se retrouvent au premier plan de la mise en place de systèmes alimentaires plus résilients et durables.