
L’Université McGill augmentera considérablement son offre de logements pour les étudiantes et étudiants autochtones : le nombre d’unités réservées sur les campus du centre-ville et Macdonald passera de 7 à 47.
McGill créera 42 unités dans la tour du Collège Royal Victoria, au centre-ville, et ajoutera 5 logements au campus Macdonald. Cette augmentation de près de 600 % du nombre de logements réservés devrait être mise en œuvre à temps pour l’année universitaire 2026-2027.
Selon la direction de l’Université, l’initiative vise à corriger les inégalités liées au modèle actuel, dans lequel seul un nombre restreint d’étudiantes et d’étudiants autochtones ont accès à un logement à la Maison des peuples autochtones, malgré la croissance de cette population sur le campus.
« Nous souhaitons élargir notre offre de logements destinés aux étudiantes et aux étudiants autochtones sur nos campus et offrir un accès facile et équitable à ces nouvelles unités », explique Celeste Pedri-Spade, vice-provost aux initiatives autochtones. « Notre communauté étudiante autochtone ne cesse de croître, et cette initiative nous permet de mieux l’accompagner, tout en renforçant les liens et le sentiment d’appartenance de ses membres. »
Les étudiantes et les étudiants autochtones pourront accéder aux nouveaux espaces par l’entremise du processus habituel de demande de logement de l’Université. Les personnes inscrites à temps plein qui s’identifient comme membres des Premières Nations, des Inuits ou des Métis sont admissibles. En outre, le Service des bourses et d’aide financière aux étudiants offrira des conseils et un accompagnement concret aux étudiants autochtones qui feront une demande d’aide financière, notamment pour l’obtention de bourses d’entretien fondées sur les besoins, destinées à couvrir en partie les frais de logement et de nourriture.
Un accès élargi et une sécurité renforcée
À l’heure actuelle, la Maison des peuples autochtones fait à la fois office de résidence, de bureau et de lieu de rassemblement, ce qui entraîne des difficultés d’organisation et un accès inégal aux services. Le nouveau plan permet à un plus grand nombre d’étudiantes et d’étudiants de bénéficier d’un logement réservé, tout en rehaussant les conditions de vie.
« Les étudiants qui s’installeront dans la tour du Collège Royal Victoria auront accès au personnel de la résidence en tout temps, à des systèmes d’accès sécurisés par carte ainsi qu’aux activités propres à la vie en résidence – des ressources qui ne sont pas offertes de façon uniforme dans le modèle actuel », indique Brittanny Janvier, directrice des initiatives autochtones. « Il ne s’agit pas seulement d’augmenter le nombre de chambres; nous souhaitons créer un milieu de vie plus sûr, axé sur le bien-être étudiant. »
Par ailleurs, la tour offrira un milieu de vie favorisant les échanges entre les personnes autochtones et non autochtones, tout en abritant des espaces et des activités ancrés dans les réalités culturelles autochtones.
Les nouvelles résidences offriront aussi un accès aux cafétérias par l’entremise de forfaits-repas. L’Université travaillera à l’élaboration d’un menu autochtone, en intégrant des ingrédients et des fournisseurs traditionnels à l’offre alimentaire du campus.
Mathieu Laperle, directeur principal du Service de logement étudiant et d’hôtellerie, indique que cette initiative s’inscrit dans une démarche plus vaste visant à consolider la présence autochtone sur le campus et à favoriser le sentiment d’appartenance.
« Nous sommes fiers d’accroître notre offre de logements destinés aux étudiantes et étudiants autochtones. Cette première initiative reflète l’engagement de McGill en matière d’équité et d’inclusion », souligne-t-il. « Nous comptons également proposer des expériences culinaires à thématique autochtone à l’ensemble de la clientèle en résidence. »
La Maison des peuples autochtones amorce sa transformation
La Maison restera ouverte au cours de sa transition en lieu de vie communautaire, avant d’être transformée en résidence pour les étudiantes et les étudiants autochtones aux cycles supérieurs d’ici 2028.
Selon Brittanny Janvier, les travaux viendront moderniser un lieu qui a très peu changé au cours des trois dernières décennies, et peut-être en augmenter la capacité.
« L’espace se prête à une reconfiguration qui nous permettrait d’augmenter le nombre d’unités pour les étudiants aux cycles supérieurs », explique-t-elle. « Nous souhaitons optimiser l’utilisation de l’immeuble et répondre aux besoins actuels. »
Parallèlement, l’Université McGill s’emploie à trouver un nouvel emplacement, plus vaste, qui servirait de pôle communautaire autochtone pouvant accueillir des cérémonies, des événements et de grands rassemblements.
Selon Celeste Pedri-Spade, ce projet témoigne d’une refonte plus large de l’accompagnement offert aux étudiants autochtones de McGill.
« Au fil du temps, la Maison des peuples autochtones a été un lieu d’ancrage pour de nombreux étudiants et étudiantes, mais l’espace est désormais insuffisant », dit-elle. « Nous amorçons une transition vers un modèle de vie communautaire plus ouvert et plus accessible, reposant sur des espaces adaptés aux besoins d’aujourd’hui. »
Sur le chemin de la réconciliation
La nouvelle offre de logements s’inscrit dans les 52 appels à l’action de l’Université McGill à l’égard de la réconciliation et de l’amélioration des conditions de la communauté étudiante autochtone.
L’initiative vise également à éliminer les inégalités d’accès au logement et aux services afin qu’un plus grand nombre d’étudiants puissent bénéficier d’une aide financière, de services en résidence et de programmes adaptés aux réalités culturelles.
Anthony Mittermaier, premier vice-provost par intérim, Études et vie étudiante, qualifie le plan d’« étape cruciale » dans la mise en œuvre de ces engagements.
« Cette initiative découle d’une responsabilité institutionnelle plus large, soit la création de milieux propices à l’épanouissement des étudiantes et étudiants autochtones », explique-t-il. « En élargissant l’accès, en renforçant la sécurité et en investissant dans des espaces communautaires, nous posons des gestes concrets en faveur d’un campus plus équitable. »
Pour Celeste Pedri-Spade, ces changements visent avant tout à favoriser l’équité et le sentiment d’appartenance.
« Nous offrons aux étudiantes et étudiants autochtones un accès au logement, à une communauté et au soutien dont ils ont besoin. Nous construisons quelque chose qui profite non pas à quelques-uns, mais au plus grand nombre », conclut-elle.