L’Initiative d’exemption des droits de scolarité pour les étudiants et étudiantes autochtones élimine les obstacles financiers 

Un programme de l’Université McGill couvre les droits de scolarité d’étudiants admissibles et renforce les partenariats avec des communautés autochtones 

L’Initiative d’exemption des droits de scolarité pour les étudiants et étudiantes autochtones de l’Université McGill élimine les obstacles financiers aux études tout en renforçant les partenariats avec des communautés autochtones locales.

Lancé à l’automne 2024, le programme couvre les droits de scolarité et les frais obligatoires des étudiants admissibles qui sont membres d’une communauté des Premières Nations à proximité, notamment Kahnawà:ke, Kanehsatà:ke et Akwesasne, ou membres de la communauté haudenosaunee des Six Nations de Grand River, en Ontario. Il s’adresse également aux personnes inscrites à un programme offert dans le cadre d’un partenariat entre leur communauté autochtone et deux unités de l’Université McGill : l’École d’éducation permanente et le Bureau de la formation en enseignement pour les Premières Nations et les Inuits.

Brittanny Janvier, directrice des initiatives autochtones 

L’Initiative s’inscrit dans la réponse de l’Université McGill aux 52 appels à l’action formulés dans le rapport final du Groupe de travail du provost sur les études et l’éducation autochtones, paru en 2017, qui définit des mesures permettant à l’Université de faire progresser la réconciliation et d’améliorer l’accès aux études supérieures. Si elle répond directement à l’appel à l’action n13 (Aide financière), l’Initiative donne également suite à près d’un tiers des 52 appels à l’action.

Brittanny Janvier, directrice des initiatives autochtones à l’Université McGill, explique que le programme a pour objet de rendre les études supérieures plus accessibles.

« Certains étudiants autochtones peuvent obtenir du financement fédéral et du soutien communautaire, mais ce n’est pas le cas pour tout le monde.L’Initiative d’exemption des droits de scolarité pour les étudiants et étudiantes autochtones rend les études accessibles aux personnes qui souhaitent fréquenter l’Université McGill, peu importe leur situation. »

Le programme permet également d’alléger les démarches administratives.

Habituellement, une personne étudiante accède au financement par l’entremise du bureau de l’éducation de sa communauté, qui confirme son admissibilité et transmet l’information à l’Université. Cette dernière verse ensuite la somme directement sur le compte des droits de scolarité de l’étudiant ou l’étudiante, ce qui réduit considérablement le fardeau administratif.

 

Un appui financier qui ouvre des portes

Emily Wesley, que l’on voit ici lors de sa remise de diplômes en 2025, affirme que le soutien de l’Initiative d’exemption des droits de scolarité pour les étudiants et étudiantes autochtones a joué un rôle important dans sa réussite scolaire. 

Pour bon nombre d’apprenantes et d’apprenants autochtones, l’Initiative ouvre de nouvelles possibilités. Au cours de la première année du programme, 172 étudiants inscrits dans 31 programmes de 9 facultés ont reçu une aide financière, ce qui représente environ 650 000 dollars en droits de scolarité et frais couverts par l’Université McGill.

En seulement un an, près du tiers de la population étudiante autochtone de l’Université a profité de l’Initiative. Voilà qui témoigne à la fois de l’ampleur des besoins financiers et de l’importance d’éliminer les obstacles à l’accès.

Emily Wesley, agente de santé publique de la Nation crie d’Oujé-Bougoumou, dans le nord du Québec, explique qu’en 2025, cette aide financière a permis à plusieurs membres de sa communauté d’obtenir un certificat en administration publique et gouvernance.

En 2024, elle faisait partie des 20 étudiants de sa nation qui se sont inscrits à ce programme de certificat dans le cadre d’un partenariat entre la communauté et l’Université McGill.

Aujourd’hui, son fils suit ses traces : il fait partie d’une cohorte de 20 personnes de la communauté ayant amorcé un programme de leadership pour les jeunes à l’automne 2025.

« Bien sûr, c’est formidable que mon fils fasse partie du programme, déclare-t-elle. Mais c’est motivant pour la communauté tout entière de voir ses membres fréquenter McGill et y obtenir leur diplôme. Bien des gens veulent faire partie du prochain groupe. »

Emily Wesley estime que la prise en charge des droits de scolarité et des frais joue un rôle déterminant dans la réussite scolaire.

« Ce genre d’aide peut changer la donne. Les gens s’inquiètent moins pour leurs finances et peuvent ainsi se concentrer sur leurs études. »

 

Des retombées positives pour les communautés

Dans certaines communautés, l’Initiative permet de libérer des ressources pouvant être réaffectées à d’autres formes de soutien pour les personnes étudiantes.

Falen Jacobs, directrice de l’éducation au Centre d’éducation de Kahnawà:ke

« Le Centre d’éducation de Kahnawà:ke (KEC) couvre depuis longtemps les droits de scolarité pour les études postsecondaires, fait remarquer Falen Jacobs, directrice de l’éducation au Centre. Mais grâce à l’Initiative d’exemption des droits de scolarité pour les étudiants et étudiantes autochtones de l’Université McGill, nous pouvons bonifier notre aide financière aux étudiants. »

Les ressources dégagées peuvent notamment couvrir l’achat de manuels scolaires et d’équipement technologique, les dépenses courantes et d’autres coûts qui rendent les études supérieures difficiles d’accès. Falen Jacobs, qui a obtenu une maîtrise en psychopédagogie et une maîtrise en leadership pédagogique à l’Université McGill avec l’appui de sa communauté, abonde dans le sens d’Emily Wesley : la sécurité financière permet aux personnes étudiantes de se concentrer sur leurs études et de mener à bien leur formation.

« J’imagine mal devoir terminer des études universitaires tout en me demandant comment les financer, dit-elle. Grâce à cet appui, les étudiants peuvent se concentrer sur leurs études et sur leur avenir. »

Selon la directrice, les retombées de l’enseignement supérieur dépassent largement la réussite individuelle.

« Lorsque les étudiantes et étudiants sont épaulés dans leur parcours, ils ramènent les connaissances et l’expérience acquises à la maison, ce qui renforce la communauté dans son ensemble. »