Les stages de recherche rémunérés, tremplins vers votre avenir en recherche

Des étudiants et étudiantes de premier cycle de la Faculté des arts explorent des possibilités de carrières et d’études supérieures
Magnolia Miller, Olivier Lesage Filippin and Salma Galal
Salma Galal, Olivier Lesage Filippin et Magnolia Miller

À la fin du premier cycle, il peut être encore difficile de comprendre comment transformer ce qui nous passionne en une carrière stimulante.

Pour y voir plus clair, les étudiants et étudiantes Magnolia Miller, Olivier Lesage Filippin et Salma Galal se sont tournés vers le programme de bourses de stage en recherche de premier cycle à la Faculté des arts de l’Université McGill (ARIA).

D’une valeur de 5 000 dollars, ces bourses permettent de mener des projets de recherche pendant l’été en collaboration avec des membres du corps professoral de McGill. Le programme est assez compétitif, mais entre 40 % et 60 % des candidatures sont retenues et 30 projets vont de l’avant chaque année.

Une voie vers la recherche en soins de santé

Originaire d’une région rurale de l’Ontario, Magnolia Miller (B. A. 2027, Économie et développement international) ne connaissait que quelques mots de français à son arrivée à McGill. Aujourd’hui, elle se lance dans un projet ambitieux consacré au système de santé québécois.

« Je m’intéresse depuis un bon moment aux soins et aux systèmes de santé. Je pensais que la meilleure façon d’y contribuer était de devenir médecin, mais j’ai appris ici qu’il y a d’autres moyens d’aider », explique-t-elle.

Inscrite à un cours d’économie de la santé d’Erin Strumpf, Magnolia se rendait régulièrement au bureau de sa professeure pour discuter de sujets du cours. En apprenant que cette dernière menait des recherches qui correspondaient à ses champs d’intérêt, elle lui a demandé d’y participer.

« La Pr Strumpf travaille avec le centre de recherche interuniversitaire CIRANO et le Commissaire à la santé et au bien-être du Québec sur la question de la viabilité financière du système de santé québécois. Nous allons étudier différentes interventions possibles », explique Magnolia.

Ensemble, la professeure et l’étudiante ont conçu la partie du projet de recherche qui incomberait à Magnolia et, une fois la bourse de stage accordée, l’étudiante a entrepris une revue de la littérature en vue de la rédaction d’un rapport de recommandations.

« Quand je suis arrivée ici, j’avais de la difficulté à commander un café en français, mais aujourd’hui, je suis capable de résumer des documents de politiques publiques du gouvernement du Québec et de présenter mes conclusions en français. Je suis vraiment fière. »

Magnolia espère poursuivre ses recherches à la maîtrise et envisage même de postuler dans un organisme de recherche du Québec.

« Les professeurs d’ici m’ont fait prendre conscience qu’il existe de nombreuses possibilités de carrière en recherche et dans des domaines dont j’ignorais l’existence », confie-t-elle.

Approche ascendante de la politique

Pour Olivier Lesage Filippin (B. A. 2027), étudiant en sciences politiques (cheminement Honours), le programme de bourses de stage a été l’occasion de mener des recherches dans un domaine qui l’intéressait depuis ses années de cégep, à Drummondville.

« Beaucoup de médias évoquent, à juste titre, le recul de la démocratie aux États-Unis, mais on constate que ce phénomène s’est produit des années plus tôt en Europe centrale et orientale », explique-t-il.

Il travaille avec Maria Popova, du Département de sciences politiques de l’Université McGill, et l’Université de Göteborg à une analyse de la lutte menée par les mairies contre les vagues de populisme et d’autocratisation à l’échelle nationale.

« La politique locale a longtemps été reléguée au second plan, rappelle-t-il. Mais notre analyse vient démontrer toute la pertinence de la mobilisation ascendante en politique. »

Olivier annote des articles, affine des hypothèses et étudie des sondages et des ensembles de données quantitatives existants.

« Le fait de travailler en étroite collaboration avec un mentor m’a ouvert les yeux, confie-t-il.

En classe, les travaux permettent de revoir certaines idées, mais on reste généralement dans nos ornières. Mais ici, comme le processus de recherche est plus rigoureux et demande une plus grande ouverture d’esprit, nous nous sommes éloignés considérablement de nos attentes initiales. »

 

Effet de la poésie sur le cerveau

Salma Galal (B. A. 2027) a eu la chance de trouver, aux côtés de sa professeure Miranda Hickman, un projet de recherche à la croisée de ses deux domaines d’étude : la littérature anglaise et la psychologie.

« Nous nous intéressons essentiellement à l’attention esthétique, soit l’état de votre cerveau lorsque vous lisez de la poésie ou de la prose, explique-t-elle. La neuroesthétique est un domaine récent, et je sens que notre travail est important pour la société. »

Salma est préoccupée par une hausse de l’hyperattention, état que l’on atteint lorsqu’on parcourt le fil d’actualité d’un réseau social, par exemple.

« On entend beaucoup que le déclin de la capacité d’attention explique la prolifération actuelle de la propagande, surtout dans mon pays. Je pense que la notion d’attention est liée à la capacité de réfléchir de manière critique et approfondie », explique la Californienne.

En plus de contribuer à une étude qu’elle estime utile, Salma découvre avec intérêt le caractère dynamique que peut revêtir la recherche universitaire.

« Je suis vraiment chanceuse que ce programme existe. J’ai une meilleure idée de la voie que je veux suivre et, même si je fais carrière dans le milieu universitaire, je n’ai pas à me limiter à un seul domaine; je peux continuer de contribuer à la recherche interdisciplinaire. »

Les trois stagiaires donnent le même conseil aux étudiants et étudiantes de premier cycle intéressés par la recherche : laissez-vous guider par votre curiosité, tissez des liens avec vos professeurs et n’hésitez pas à leur demander de participer à leurs travaux.

Renseignez-vous sur les stages ARIA ou parcourez les programmes offerts à l’Université McGill