Les collections d’insectes et de plantes de McGill à l’abri des risques d’inondation

Le Fonds des projets durables contribue à protéger l’Herbier et le Musée d’entomologie du campus Macdonald, préservant ainsi ces précieuses ressources pour les générations futures
Un spécimen au Musée d’entomologie Lyman
Un spécimen au Musée d’entomologie Lyman

Les inestimables collections de spécimens végétaux et d’insectes de l’Université McGill sont désormais mieux protégées contre les risques d’inondation grâce au financement accordé par le Fonds des projets durables de McGill.

L’Herbier de l’Université McGill abrite plus de 140 000 spécimens de plantes séchées et pressées, recueillis sur une période de plus de 200 ans. Le Musée d’entomologie Lyman renferme quant à lui plus de trois millions d’insectes, ce qui en fait la deuxième plus importante collection du genre au Canada. Les deux collections sont situées au sous-sol du Centre du centenaire, sur le campus Macdonald.

Le financement a permis de surélever les armoires de rangement des collections, assurant ainsi leur accessibilité pour l’enseignement, la recherche et les études sur la biodiversité pour de nombreuses années à venir.

« À mesure que la biodiversité évolue autour de nous, ces collections prennent une valeur croissante, car elles constituent un témoignage matériel du monde naturel », explique Stéphanie Boucher, conservatrice en entomologie et associée aux activités professorales au Musée d’entomologie Lyman.

« Ces collections représentent un patrimoine exceptionnel et irremplaçable », ajoute Frieda Beauregard, conservatrice de l’Herbier de l’Université McGill. « Les visiteurs sont souvent impressionnés par l’ampleur et la richesse de ce que nous conservons. »

 

Un véritable cabinet de curiosités

Derrière les rangées d’armoires sobres qui composent les collections se cachent des trésors scientifiques inestimables.

Parmi les pièces les plus remarquables du Musée Lyman figure un coléoptère recueilli lors du voyage du HMS Beagle, vraisemblablement par Charles Darwin lui-même.

L’Herbier conserve pour sa part des plantes récoltées à Montréal il y a plus de deux siècles, à une époque où le campus du centre-ville de McGill n’était encore qu’un vaste pâturage.

Tous ces spécimens étaient vulnérables aux dégâts causés par l’eau. Le Centre du centenaire a subi plusieurs inondations au fil des ans, la plus récente remontant à 2024, causant des dommages à des centaines de spécimens. Il a donc été recommandé de surélever les armoires de rangement afin de mieux protéger leur contenu contre de futurs incidents. Stéphanie Boucher et Frieda Beauregard estimaient que cette initiative correspondait au mandat du Fonds des projets durables, qui soutient les projets favorisant le développement durable sur les campus de l’Université.

« Une grande partie du matériel conservé dans ces collections constitue un ensemble unique d’archives historiques accumulées au fil des décennies et impossibles à remplacer », souligne Stéphanie Boucher. « Dans bien des cas, il serait impossible de reconstituer ces collections. »

 

Au service du développement durable

Le Fonds des projets durables, le plus important fonds de ce type au Canada, dispose d’environ 1 million de dollars par année pour soutenir des initiatives et des projets sur les campus. Réservé exclusivement aux membres de la population étudiante, du corps professoral et du personnel de McGill, il a déjà financé plus de 450 projets, petits et grands.

Frieda Beauregard et Stéphanie Boucher se considèrent toutes deux très engagées sur le plan environnemental. « Le vert coule dans nos veines », lance Mme Beauregard. Elles étaient convaincues que leur projet répondait aux critères du Fonds. En protégeant les collections contre les dommages, l’initiative permet de préserver des données irremplaçables sur la biodiversité, d’assurer la poursuite des activités de sensibilisation auprès de la communauté et de réduire les coûts de remplacement. Les travaux ont également été réalisés à l’aide de matériaux durables.

« Ce projet propose une approche concrète et reproductible pour renforcer la résilience climatique de la gestion des collections à McGill et ailleurs », écrivait Stéphanie Boucher dans sa demande de financement au Fonds des projets durables.

La demande a été approuvée par les membres du Conseil de gouvernance du Fonds, et les travaux ont été achevés cet été. Les armoires de rangement reposent désormais sur des supports de 17 cm de hauteur, offrant une protection accrue contre les inondations.

 

Une occasion de célébrer

Habituellement, les collections ne sont accessibles aux chercheurs et chercheuses que sur rendez-vous. Toutefois, l’Herbier  et le Musée d’entomologie Lyman offriront des visites guidées le 24 septembre. Les places étant limitées, l’inscription est obligatoire.

Ces visites s’inscrivent dans le cadre du Festival de la biodiversité de McGill, qui propose des activités sur les campus du centre-ville et Macdonald ainsi qu’à la Réserve naturelle Gault.

Aux membres de la communauté mcgilloise qui envisagent de lancer leur propre projet de développement durable, Stéphanie Boucher lance cet encouragement : « J’invite les gens à soumettre une demande. Travailler avec l’équipe du Bureau du développement durable a été une expérience extrêmement positive et collaborative. »

 

Vous avez une idée pour le prochain grand succès de McGill en matière de développement durable? Donnez-lui un élan en présentant une demande au Fonds des projets durables.

Des spécimens provenant de l’Herbier de l’Université McGill seront présentés au Musée Redpath dans le cadre de l’exposition Herbert Gerald Macklin, ​un scientifique citoyen d’autrefois​, dont l’ouverture aura lieu le 22 septembre.