Parc du développement durable de l’Université McGill : début de la mise en place de 171 puits géothermiques

Les travaux de décontamination sont terminés, la phase de construction peut commencer
Deep Saini, Julie Dabrusin and Pierre Major in hard hats onsite at the McGill Sustainability Park
Deep Saini, l’honourable Julie Dabrusin et Pierre Major au Parc du développement durable de l’Université McGillOwen Egan

Le 13 février, la ministre de l’Environnement et du Changement climatique du Canada s’est rendue sur le chantier du Parc du développement durable de l’Université McGill. Julie Dabrusin (B.A. 1994) était curieuse de voir les changements en cours à son alma mater, mais aussi d’en apprendre plus sur la vocation des futurs espaces et sur la prise en compte de considérations environnementales dans la construction.

Pendant la visite, on a souligné le grand nombre de puits géothermiques respectueux de l’environnement qui seront mis en place : il y en aura 171, tous d’une profondeur supérieure à 250 mètres.

« Les jours où la température oscille autour de zéro, nous fonctionnerons uniquement à l’énergie géothermique, explique Pierre Major, directeur exécutif du Parc du développement durable. Durant les mois les plus froids de l’hiver, les puits combleront 50 % de nos besoins en chauffage.

Restauration

Au-dessus des puits géothermiques seront aménagés des espaces d’enseignement et de recherche, d’une superficie équivalente à 15 patinoires de la LNH.

Des matériaux récupérés après la déconstruction des pavillons M et S et le démantèlement de l’arrière du pavillon A, un ajout d’après-guerre, seront réutilisés pour la construction de ces espaces. Ainsi, 90 % des vieux matériaux seront détournés des sites d’enfouissement, et l’Université dépassera son objectif de recyclage de 75 % qu’elle s’est fixé pour les projets de construction. En plus de représenter un gain de temps et d’argent, cette réalisation s’inscrit dans l’engagement de McGill à devenir une université zéro déchet d’ici 2035.

Du béton a été concassé et réutilisé dans un projet de voirie, des radiateurs en fonte ont été donnés à une entreprise qui les restaure et les convertit à l’électricité, des luminaires ont été offerts à des résidences étudiantes de l’Université McGill, l’acier des fenêtres a été récupéré et des dalles de marbre et de calcaire de Queenston ont été entreposées en vue d’une réutilisation sur le site.

« C’est super de voir cette réutilisation des matériaux », se réjouit Pierre Major.

En parallèle de ces travaux, les pavillons patrimoniaux, vieux de 130 ans, sont remis à neuf. Des maçons travaillent sur la façade. « Je les considère presque comme des artistes, souligne Pierre Major. Ils retirent chaque pierre, la nettoient, la numérotent et la replacent; leur travail est impressionnant. »

Des experts ont également analysé le substrat rocheux, désormais à découvert, pour déterminer s’il pouvait être utilisé pour la reconstruction des murs en moellons du Parc du développement durable. Cette idée a été suggérée par les maçons.

« Lorsqu’ils ont vu cette belle roche, ils se sont demandé s’ils pourraient l’utiliser. Nous voulons donner une nouvelle vie aux éléments qui se trouvent déjà sur place. »

Conservation

La réutilisation du substrat rocheux serait une autre initiative qui permettrait de détourner des déchets des sites d’enfouissement.

« Cet exemple illustre très bien ce qu’une utilisation créative des ressources permet de réaliser », souligne Fabrice Labeau, vice-recteur à l’administration et aux finances. « Il montre que le développement durable peut aller de pair avec une gestion financière responsable, et que cette approche peut servir de référence pour les projets de construction à McGill. »

L'intérieur du pavillon E du Parc du développement durable de McGill

Collaboration

Selon l’estimation de Pierre Major, le Parc du développement durable représente le troisième plus important chantier de la région de Montréal, après ceux de l’hôpital de Vaudreuil-Soulanges et du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine.

« Nous sommes déjà entrés dans ce que j’appelle la phase de construction », dit Pierre Major. La décontamination et les gros travaux de démolition sont terminés, et nous sommes sur le point de construire un élément permanent de ce projet. Pour moi, c’est le signe que nous passons à une nouvelle étape. »

Compte tenu de son envergure, le projet mobilise de nombreux partenaires. Parmi les collaborateurs externes, on compte la Ville de Montréal, la Société québécoise des infrastructures, le ministère de l’Enseignement supérieur et le ministère de la Culture et des Communications.

À McGill, l’équipe communique régulièrement avec le Bureau de la provost, le Bureau des initiatives autochtones, les Services de l’approvisionnement, les Services financiers et la Gestion des installations et services auxiliaires, ainsi qu’avec leurs voisins du Neuro (l’Institut-Hôpital neurologique de Montréal) et de la Faculté de médecine.

Toutes ces équipes jouent un rôle dans l’avancement du complexe mcgillois, dont l’ouverture est prévue en 2029.

« À ce stade, on peut dire que nous sommes en contact avec pratiquement toutes les unités, précise Pierre Major. Les travaux réalisés avec ces partenaires nous rapprochent de l’ouverture du Parc au public et de la remise en service du complexe. »