Des chercheurs de l’Université McGill se joignent à l’« équipe de rêve » du projet Nouveau Vic

Le groupe de recherche en génie des structures du professeur Daniele Malomo contribuera à garantir la sécurité et la durabilité du site emblématique rénové
Une étudiante dans le struct-lab

Le struct-lab de l’Université McGill est un laboratoire de recherche en génie des structures unique en son genre qui s’est donné pour mission d’évaluer les immeubles anciens afin de s’assurer qu’ils peuvent être rénovés, modernisés et réutilisés. L’équipe travaille actuellement sur le projet Nouveau Vic, qui vise à transformer l’ancien Hôpital Royal Victoria, vieux de 132 ans, en un lieu d’enseignement et d’apprentissage à la fine pointe de la technologie.

« On trouve de tout dans les immeubles de ce genre, dit Daniele Malomo, directeur du laboratoire et professeur adjoint au Département de génie civil. C’est un véritable projet de découverte, et c’est ce qui le rend si passionnant. »

À l’aide d’équipement hautement spécialisé et d’échantillons de matériaux provenant du site du Nouveau Vic, les scientifiques du struct-lab recueilleront des données qui aideront l’équipe du projet à prendre les meilleures décisions possibles.

« Nos recherches fourniront à l’équipe du Nouveau Vic les données sur la solidité de l’immeuble dont elle a besoin, explique Daniele Malomo. Ainsi, elle pourra conserver davantage d’éléments en toute confiance et consacrer moins de temps, d’argent et d’efforts pour les travaux. »

Le Nouveau Vic est le plus important projet d’infrastructure de l’Université McGill depuis sa fondation il y a plus de 200 ans. Son ouverture est prévue pour 2029.

« Nos progrès sur le site sont considérables, affirme Pierre Major, directeur général du projet Nouveau Vic. Notre équipe est en train de remodeler le paysage de Montréal sous nos yeux. Le site se transforme, et la vocation première de l’ancien Hôpital Royal Victoria fait place à un projet tourné vers la guérison de la planète. »

A person in a hardhat inserting a small machine into a brick wall.
Travaux sur le site du Nouveau Vic.

 

Analyse des matériaux

Le struct-lab est le seul laboratoire de ce type au Canada. Ses chercheurs et chercheuses ont travaillé sur plusieurs projets locaux de grande envergure, notamment le fort de l’île Sainte-Hélène, vieux de 200 ans, l’emblématique Natatorium de Verdun, les églises historiques de la ville et une multitude de bâtiments effondrés.

« Ce que nous faisons dans notre laboratoire est unique au Canada », explique Daniele Malomo, qui a fait une grande partie de ses études en Italie, son pays natal. « En Amérique du Nord, on a souvent tendance à démolir pour reconstruire. Les gens ne sont donc pas formés à la restauration et à la réparation. »

Daniele Malomo et son équipe ont utilisé des capteurs pour mesurer les vibrations des structures et commenceront bientôt à caractériser les mortiers, pierres et éléments en bois anciens afin de déterminer leur solidité et leurs propriétés. Romaric Desbrousses et Ersilia Giordano, tous deux chercheurs postdoctoraux au struct-lab, codirigeront les recherches expérimentales.

« Je vais m’occuper de la plupart des essais mécaniques », confirme Romaric Desbrousses, qui a obtenu son doctorat en génie civil à l’Université McGill l’année dernière. « Cette responsabilité comprend la préparation des échantillons, l’utilisation de nos machines d’essai à grande échelle et l’analyse des données. »

Jusqu’à présent, les résultats préliminaires sont positifs : le bois, le mortier et les pierres sont tous composés de matériaux de haute qualité et semblent en très bon état.

Toutefois, les surprises sont inévitables. Daniele Malomo et son équipe ont récemment trouvé un journal datant de 1939 caché dans les murs de l’hôpital, pratique courante chez les maçons qui souhaitaient marquer leur présence et leur travail. Par ailleurs, comme le Code national du bâtiment du Canada n’a été publié qu’en 1941, tout ce qui a été construit avant cette date ne nécessitait pas l’approbation d’un ingénieur et relevait plutôt des ouvriers, qui s’appuyaient sur leur savoir-faire et leur expérience.

« Tout était improvisé, ce qui rend la vie des ingénieurs un peu plus difficile, explique Daniele Malomo. C’est pourquoi nous sommes ici. »

Daniele Malomo et Romaric Desbrousses

 

Un site dédié au développement durable

Le struct-lab fait partie d’une « équipe de rêve » composée d’architectes, d’ingénieurs et de consultants en patrimoine réunis pour mener à bien la construction de l’immeuble. Daniele Malomo tient à souligner le travail d’Ines Sijercic et Francis Trottier, de la firme d’ingénierie CIMA+, ainsi que celui de Jan Kubanek et d’Ulisses Munarim, d’ERA Architectes.

Ensemble, ils veilleront à ce que le site de la plus grande installation de recherche sur le développement durable et les politiques publiques au monde soit lui-même durable.

« Plus nous réutilisons, moins nous avons à jeter et plus notre empreinte carbone est réduite, explique Daniele Malomo. Et comme il s’agit d’un projet gigantesque, il y a beaucoup de matériaux. »

C’est un véritable défi, mais Daniele Malomo et ses équipes de chercheuses et chercheurs sont ravis de le relever.

« L’ancien Hôpital Royal Victoria est un lieu emblématique de Montréal, souligne-t-il. C’est pour nous un privilège de pouvoir contribuer à ce projet. »

 

A yellowed newspaper being pulled out of a brick wall
Un journal trouvé sur le site du Nouveau Vic.