La professeure de travail social Myriam Denov reçoit la plus haute distinction du Conseil de recherches en sciences humaines

« Il ne s’agit pas seulement d’une reconnaissance de mon travail, mais aussi de l’importance de la recherche sur les familles et les enfants touchés par la guerre. »
Myriam Denov
Myriam Denov

Myriam Denov, éminente défenseure des droits des enfants et professeure à l’École de service social de l’Université McGill, a remporté la Médaille d’or du Conseil de recherches en sciences humaines, la plus haute distinction octroyée par l’organisme.

Ce prix récompense le leadership, le dévouement et la pensée novatrice de la professeure, qui ont suscité l’admiration de ses étudiants, de ses étudiantes et de ses collègues. Il est assorti d’une bourse de 100 000 dollars pour le financement de ses futures recherches.

Les travaux de la professeure Denov portent notamment sur les enfants nés pendant la guerre et les familles touchées par ce type de conflit et les génocides. Au cours des 25 dernières années, elle a travaillé auprès de tels enfants sur trois continents et a conseillé des organismes non gouvernementaux et gouvernementaux, comme Affaires mondiales Canada, Immigration et citoyenneté Canada et le ministère de la Défense nationale.

« Je félicite la professeure Myriam Denov, qui a reçu la Médaille d’or 2025 du Conseil de recherches en sciences humaines pour sa contribution extraordinaire à la recherche universitaire et son engagement indéfectible envers les enfants touchés par la guerre », souligne Deep Saini, recteur et vice-chancelier de l’Université McGill. « La professeure Denov est une ardente défenseure de la justice et de l’inclusion, et elle a su prouver, par ses recherches, qu’il est possible de bâtir un monde plus compatissant en travaillant de concert avec les membres de la communauté. »

Une distinction éloquente

La professeure Denov est titulaire de la Chaire de recherche du Canada de niveau I sur les enfants, les familles et les conflits armés et est directrice fondatrice du groupe de recherche Global Child McGill.

La Médaille d’or n’est que la dernière d’une longue liste de distinctions que la professeure a reçues pour son travail visant à mettre en lumière les expériences vécues par les enfants en temps de guerre et à promouvoir le changement.

Au cours des cinq dernières années seulement, elle a reçu le Prix du Québec, le prix Impacts du Conseil de recherches en sciences humaines et a été élue membre de la Société royale du Canada.

« Grâce à ses recherches novatrices, la professeure Myriam Denov a consolidé la réputation de l’École de service social, a fait de l’Université McGill un chef de file mondial dans ce domaine et a positionné le Québec à l’avant-garde de la recherche et de l’action mondiales », se réjouit Nicole Ives, directrice de l’École de service social. « Son travail donne une voix aux enfants les plus vulnérables du monde, tout en faisant progresser les pratiques éthiques et fondées sur des données probantes à l’échelle mondiale. Je lui adresse mes plus sincères félicitations pour cette distinction exceptionnelle. »

En remportant ce prix, la professeure suit les traces de ses collègues mcgilloises et mcgillois Cindy Blackstock (2022), Claudia Mitchell (2016), Margaret Lock (2007) et le premier lauréat, Charles Taylor (2003).

« Qu’est-il arrivé à cet enfant? »

C’est après avoir visionné des images troublantes dans les médias montrant des enfants brandissant des armes que la professeure Denov a opté pour cet angle de recherche.

« Ces images m’ont vraiment bouleversée », se souvient-elle. « Mais je me suis aussi demandé : Comment se sont-ils retrouvés avec une arme entre les mains? Qu’est-il arrivé à cet enfant? Où est-il maintenant? C’est ce qui m’a poussée à m’intéresser aux conséquences à long terme du statut d’enfant soldat. »

En tentant de discuter avec des jeunes au sujet de leurs expériences, elle s’est vite rendu compte qu’ils étaient plus disposés à le faire avec des pairs ayant un vécu similaire. Elle a donc invité des jeunes de la communauté à se joindre à son équipe de recherche, et les a formés et encadrés afin qu’ils puissent mener des entretiens, animer des groupes de discussion et analyser des données.

« J’ai tellement à apprendre d’eux et ils ont tellement à apporter au processus de recherche », explique la professeure. « J’essaie de faire entendre leur voix afin que leur message mène à des actions concrètes. »

La professeure Denov considère qu’elle joue un rôle d’intermédiaire entre les enfants touchés par la guerre et les adultes avec lesquels ils interagissent, qu’il s’agisse de membres de la communauté, de prestataires de soins, de travailleuses et travailleurs sociaux ou de décideurs.

« Je suis extrêmement reconnaissante de faire ce travail et de côtoyer des jeunes formidables, courageux et admirables, qui ont traversé d’immenses épreuves et qui ont réussi à s’en sortir. Ce type de parcours demande beaucoup d’efforts et de temps. J’ai beaucoup de chance de pouvoir travailler et apprendre à leurs côtés. »

Au sujet de sa récente distinction, elle déclare : « Je n’arrive toujours pas à y croire. Ce prix signifie tout pour moi. Il ne s’agit pas seulement d’une reconnaissance de mon travail, mais aussi de l’importance de la recherche sur les familles et les enfants touchés par la guerre. »

Deux personnes se tiennent à un podium ; l'une d'elles tient un prix
Myriam Denov aux Prix Impacts du CRSH