La persévérance, au service de la justice sociale et environnementale

En racontant son récit personnel, Val Munoz transmet d’importants messages
Val Munoz a obtenu une bourse de la reine Elizabeth et a ainsi pu participer à un programme de recherche au campus de St. Augustine de la University of the West Indies, à Trinité.

« La narration est un précieux outil d’enseignement, confie Val Munoz, titulaire, depuis juin, d’un baccalauréat de l’École de l’environnement Bieler de l’Université McGill. Mon parcours compte un nombre incalculable de revirements, ce qui n’est pas monnaie courante chez les étudiants de McGill. »

En partageant son histoire dans des articles comme celui-ci et en multipliant les activités de sensibilisation à l’Université McGill, la finissante espère montrer à ceux et celles qui font face à des difficultés qu’il est possible non seulement de surmonter les obstacles, mais de s’engager dans la formation de son choix et de réussir.

En quête d’une vie meilleure, les parents de Val Munoz ont quitté leur Guatémala natal puis vécu en Floride avant de s’installer dans la Belle Province. Née à Montréal, Val avait quatre ans lorsque la demande de statut de réfugiés de ses parents a été rejetée. C’est alors que la famille est retournée vivre en Floride.

L’échec comme tremplin vers un nouveau départ

 Sans statut juridique aux États-Unis, la jeune femme ne pouvait même pas obtenir un permis de conduire. Pour contribuer aux finances de la famille, elle a dû travailler au noir dans une cuisine après l’école.

Une fois acceptée à McGill, elle a décidé de reporter son admission d’une année afin de travailler avec un avocat à l’obtention de son statut de résidente des États-Unis.

La demande a malheureusement été rejetée, mais Val préfère voir le beau côté de la médaille : elle est contente d’avoir pu réaliser, pendant son année d’attente, deux stages qui ont changé le cours des choses.

Une passion pour le développement durable et l’engagement social

 Le premier stage de Val Munoz s’est déroulé au sein d’un petit organisme à but non lucratif voué à la promotion du développement des entreprises de la région de Prosperity Coast, dans le sud-est de la Floride. Cette expérience a permis à la jeune femme d’acquérir de précieuses compétences en organisation d’événements.

D’une durée d’un an, le deuxième stage a eu lieu dans un hôpital pour tortues de mer, où Val était responsable de préserver et de protéger la biodiversité le long d’une section de plage. Dans ce rôle, elle collaborait avec le département d’éducation de l’hôpital pour sensibiliser les touristes comme la population locale.

« Jamais je n’aurais eu la chance de rencontrer ces gens, d’échanger avec eux et de les instruire sur des sujets essentiels comme les tortues de mer et la préservation des océans. Ce rôle clé m’a amenée à choisir le baccalauréat en environnement, qui réunit mes deux centres d’intérêt : l’environnement et la justice sociale. »

Des études qui confirment sa vocation

Pour Val Munoz, le retour au bercail montréalais en vue d’entreprendre une formation en environnement à l’Université McGill a été ardu en raison de difficultés sociales et financières. Maintenant parvenue à destination, la jeune écologiste entend profiter pleinement de l’expérience : « J’ai travaillé dur pour me rendre ici, d’autant plus que je suis étudiante de première génération. Ma famille est ravie que j’aie brisé ce cycle générationnel. »

Sa décision de venir à Montréal était en quelque sorte un concours de circonstances. Née au Québec, elle a pu bénéficier des droits de scolarité réduits accordés aux résidents. Elle a aussi été séduite par le programme interdisciplinaire en environnement de l’Université, heureux mélange de cours de science traditionnels et de cours en arts et en sciences humaines. Autrement dit, « le programme parfait, étant donné mon intérêt pour la santé humaine et planétaire ».

Comme étudiante en environnement, Val devait mener un projet de recherche. C’est pourquoi elle a participé, l’été dernier, à un programme d’études sur le terrain à la Barbade en compagnie de 19 de ses pairs. Les participantes et participants consacraient la matinée en classe à l’étude de divers sujets, dont la sécurité alimentaire et l’utilisation durable des terres. L’après-midi, ils se rendaient sur le terrain pour aborder concrètement la matière étudiée. L’Université McGill assume une partie des coûts de participation et aide les étudiants à trouver d’autres sources de financement.

Cet été, elle participe à une session à Trinité dans le cadre d’un programme d’échange en recherche financé par les bourses de la reine Elizabeth. Son mandat? Améliorer les mécanismes de diffusion des connaissances sur les catastrophes climatiques auprès de la population de cette région souvent en proie à des tempêtes tropicales et à des inondations.

Une voix pour la communauté queer

Val Munoz ne se contente pas de défendre l’environnement : elle prête aussi sa voix à la communauté 2SLGBTQIA+. Elle occupe le poste de coordonnatrice des événements de Queer McGill et, à ce titre, cherche à sensibiliser le plus grand nombre de gens possible à la mission de l’organisme. « Vous seriez étonnés du nombre d’étudiantes et d’étudiants qui ignoraient l’existence de Queer McGill. Nous travaillons fort pour changer cela. »

Val est également active au sein de McGill Branches, programme de rayonnement communautaire de l’Université qui offre un accompagnement aux groupes marginalisés.

Plus précisément, elle participe au programme de mentorat auprès des jeunes 2SLGBTQIA+ organisé par Branches et coordonné par Twisha Singh, chargée de cours en études sud-asiatiques. Les mentor(e)s travaillent en étroite collaboration avec des cégépiennes et cégépiens queers afin de leur faire connaître les réseaux et programmes d’aide proposés à l’Université McGill et ailleurs dans la région. Elle offre du mentorat individuel à une personne avec qui elle a été jumelée : un rôle dont elle est très fière.

« Nous avons organisé des ateliers sur la littéracie financière, des conférences sur la transition à l’université et des tables rondes en compagnie de gens venus parler de leur expérience. La clé réside dans nos témoignages : lorsqu’on raconte notre histoire, on constate combien on se ressemble, les uns les autres. C’est formidable de sentir ce lien qui nous unit. »

Projets pour l’avenir

Val Munoz n’a pas encore décidé si elle allait demeurer à Montréal à long terme. Peu importe ce que l’avenir lui réserve, elle se réjouit d’avoir pu passer du temps ici.

« Les gens que j’ai connus ici sont ouverts d’esprit, bienveillants et solidaires. Je n’aurais pas pu suivre ce parcours sans les personnes qui m’ont épaulée : je leur suis très reconnaissante. »

Une chose est certaine : après l’obtention de son baccalauréat cette année, Val entreprendra une maîtrise en leadership pédagogique à McGill, axée principalement sur la santé humaine.

« Je sais que je veux enseigner, que ce soit au sein d’un OSBL, au gouvernement, ou même dans une université. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, mais si je peux défendre les causes qui me tiennent à cœur, je serai heureuse. On verra où mon parcours me mènera. »

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