Investir dans le passé pour préparer l’avenir

Au fil de leur existence, les entreprises accumulent d’importantes quantités d’archives, et ces petits trésors valent parfois leur pesant d’or.
Frédéric Giuliano, archiviste aux Archives de l’Université McGill.

Au fil de leur existence, les entreprises accumulent d’importantes quantités d’archives, et ces petits trésors valent parfois leur pesant d’or. C’est la raison pour laquelle le Service des archives de l’Université McGill est un partenaire de choix pour la conservation et la mise en valeur des archives d’entreprises montréalaises.

Il va sans dire que les entreprises sont d’une très grande importance pour la société. En effet, non seulement sont-elles des moteurs économiques créateurs de richesse et d’emploi, mais aussi, elles façonnent leur milieu. Qu’il suffise de penser au rôle de la Compagnie de la Baie d’Hudson ou du Canadien National dans la construction du Québec et du Canada.

« Les archives de pareilles sociétés ont une très grande valeur historique, souligne Frédéric Giuliano, archiviste aux Archives de l’Université McGill. Comme on peut facilement l’imaginer, ces documents recèlent des histoires inédites sur la naissance de notre pays et peuvent nous révéler des facettes insoupçonnées de la société à une époque donnée. »

Photos, correspondances, registres… tous ces documents sont truffés de précieux échos du passé.

« Prenez les archives d’une entreprise de commerce de détail, disons pendant les années 1930, propose M. Giuliano. On y retrouvera les anciens catalogues des produits offerts, qui nous renseigneront, par exemple, sur les tendances vestimentaires et les modes de l’époque, tout comme sur le coût de ces biens. Ça peut représenter beaucoup d’informations sur la société et la consommation à une époque bien précise. Pour des universitaires, c’est inestimable. »

Le passé, richesse du présent

Les archives d’entreprises ont aussi une valeur pécuniaire. Selon leur importance historique, elles peuvent valoir plusieurs centaines de milliers, voire des millions, de dollars.

Certaines sociétés vont même y puiser l’inspiration pour créer des produits ou des slogans, monter des campagnes publicitaires et ainsi faire fructifier leur marque. Ainsi, elles vont concevoir des publicités rappelant le « bon vieux temps » ou repositionner l’image de marque d’anciens produits, comme Nike et Adidas l’ont fait ces dernières années.

« On a démontré, dans des études en psychologie et en neurologie, que la nostalgie était payante. Ces entreprises ont su exploiter ce filon, précise Frédéric Giuliano. Il existe aujourd’hui des études en gestion et en marketing de la valeur patrimoniale, c’est tout dire! »

L’Université gère aujourd’hui plus d’une centaine de fonds d’archives, dont celui de Ciment Lafarge et des familles Molson et Drummond.

Ces documents sont catalogués et peuvent être utilisés en recherche ou partagés avec le grand public dans le cadre d’expositions. Les entreprises – ou autres types d’organisations – peuvent elles-mêmes les consulter afin d’avoir une meilleure vue d’ensemble de leur histoire et présenter autrement leurs valeurs et leur identité au sein de la société.

« Nous souhaitons faire prendre conscience aux entreprises proches de l’Université de l’importance de ces documents et les aider à y voir clair dans le but de mettre leur patrimoine en valeur, explique M. Giuliano. La saine gestion des entreprises passe aussi par une bonne prise en charge des archives. Car malheureusement, ne pas investir dans le passé, c’est un peu désinvestir dans l’avenir. »

Si vous pensez pouvoir bénéficier du Service d’archives de l’Université McGill, contactez Frédéric Giuliano.

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