
Le paysage de l’enseignement supérieur a considérablement changé au cours des dernières années. Un récent sondage de KPMG révèle que 73 % des étudiants canadiens âgés de 18 ans et plus utilisent des outils d’intelligence artificielle (IA) générative dans leurs travaux, tandis que 48 % d’entre eux estiment que leurs capacités de réflexion critique se sont détériorées depuis qu’ils utilisent cette technologie.
Les enseignants et enseignantes doivent trouver de nouvelles façons d’inciter les étudiants et étudiantes à faire appel à leur esprit critique, tout en les préparant à un monde du travail qui exige de plus en plus la maîtrise de l’IA à l’embauche. Parallèlement, les membres du corps enseignant acquièrent leurs propres compétences en IA générative et prennent conscience des utilisations et des inconvénients potentiels de la technologie dans leur domaine.
« Nous constatons que les enseignants sont avides de renseignements sur la gestion efficace et responsable de l’IA générative dans leurs classes », observe Jasmine Parent, conceptrice, Développement pédagogique et apprentissage numérique au département Enseignement et programmes d’études.
Selon la conceptrice, il y a des limites à ce que les enseignants et enseignantes peuvent apprendre en participant à un atelier ou en lisant un article.
« Les conseils généraux basés sur la théorie pédagogique sont souvent un point de départ utile, mais les choses peuvent sembler différentes lorsqu’on commence à adapter les conseils en classe », explique-t-elle.
Une collaboration axée sur l’adaptation au changement
Jasmine Parent a contribué à la création d’une nouvelle communauté d’enseignement et d’apprentissage pour permettre aux enseignants et enseignantes de parler de leurs expériences d’utilisation de l’IA générative. À mesure que les membres du personnel enseignant commencent à expérimenter avec l’IA et à l’intégrer – ou non – aux travaux des étudiants, de nouvelles stratégies pédagogiques émergent. Leurs collègues peuvent alors s’en inspirer et les utiliser dans leurs cours.
William Archambault, chargé d’enseignement à l’École des sciences infirmières Ingram, explique : « J’aime apprendre [des autres enseignants]… parfois, je me dis “Oh, c’est génial! Je pourrais m’en inspirer”… C’est un effort collaboratif et j’estime que l’Université est un lieu de collaboration. »
William Archambault a été l’un des premiers à adopter l’IA générative dans son travail, et il parle souvent de ses expériences avec les autres membres de la communauté d’apprentissage. Il a aussi abordé le sujet dans un récent épisode de balado. La communauté est composée d’enseignants et d’enseignantes ayant des expériences variées : certaines personnes souhaitent apprendre les bases, alors que d’autres ont commencé à explorer les possibilités d’intégration de l’IA générative dans leur enseignement, mais ont besoin de conseils.
Sun-Young Kim, chargée d’enseignement principale au Département de langues, littératures et cultures, a récemment assisté à une réunion de la communauté et dit avoir aimé apprendre auprès d’enseignants d’autres disciplines.
« Chaque conversation avec une personne d’un autre domaine est enrichissante… [par exemple], et savoir pourquoi un enseignant choisit d’utiliser l’IA m’aide à évaluer ce que je fais et à déterminer si c’est pertinent », explique-t-elle.
Un moteur de l’innovation pédagogique
En offrant un espace collaboratif pour échanger et discuter de stratégies, la communauté invite ses membres à la réflexion, à l’expérimentation et à l’élaboration de pratiques pédagogiques efficaces.
La cocréation de connaissances y est également possible, car les enseignants acquièrent une compréhension commune de l’évolution de la pédagogie ainsi qu’une base de connaissances sur les pratiques et les stratégies permettant de répondre à ces changements.
« En empruntant ou en adaptant les approches de leurs pairs, les membres de la communauté participent à l’évolution et à l’innovation pédagogiques », conclut Jasmine Parent.
La prochaine réunion de la communauté d’enseignement et d’apprentissage aura lieu le 12 février. Renseignements et inscription