Finale du concours 3MT/MT180 : pleins feux sur la recherche étudiante

Les participants et participantes à ce concours annuel doivent rendre des concepts complexes accessibles à un large public
Les participants et participantes ainsi que les membres du jury de la finale du concours 3MT/MT180 2026 de l’Université McGill.Owen Egan/Joni Dufour

Migration des oiseaux en milieu urbain, fonctionnement du cerveau, microbiologie martienne et musique péruvienne de l’époque coloniale : la finale de l’édition 2026 du concours « Three Minute Thesis » (3MT)/« Ma thèse en 180 secondes » (MT180) témoigne de l’étendue de la recherche menée à l’Université McGill et de l’importance de la vulgarisation.

« C’est l’un des moments forts – sinon LE moment fort – de notre année universitaire », a déclaré Josephine Nalbantoglu, doyenne des études supérieures et postdoctorales, devant l’auditoire entassé dans la salle de bal du Cercle universitaire le 1er avril dernier. « Attendez de voir ce que vous allez apprendre ici aujourd’hui : vous n’en croirez ni vos yeux ni vos oreilles. »

Quinze personnes étudiantes aux cycles supérieurs ont relevé le défi : condenser des années de travaux spécialisés dans un exposé de trois minutes destiné à un auditoire profane. Ne disposant que d’une seule diapositive et d’un temps de parole strictement limité, les participants et participantes ont livré des exposés clairs et captivants sur des sujets complexes devant l’auditoire présent sur place et les personnes de partout dans le monde qui assistaient à l’événement en ligne.

 

Un tableau d’honneur multidisciplinaire

Linda Nong, lauréate de 3MT, volet anglophone du concoursOwen Egan/Joni Dufour

La première place du volet francophone – MT180 – est revenue à Gabriel Blanco Gomez, doctorant au sein du Programme intégré en neurosciences. Ses travaux, au croisement des neurosciences et de l’observation clinique, portent sur le développement du langage chez les enfants autistes. Gabriel se qualifie donc pour la finale nationale de l’ACFAS, ce qui pourrait lui valoir une place dans le volet international du concours, qui se déroulera en France.

Du côté anglophone – le concours 3MT –, c’est Linda Nong, étudiante à la maîtrise en sciences des ressources naturelles, qui s’est classée au premier rang. Linda s’intéresse aux effets des milieux urbains sur les oiseaux chanteurs migrateurs et à leurs conséquences sur le plan de la conservation. Elle représentera donc l’Université McGill aux épreuves régionales de l’Est du Canada et tentera de se qualifier pour les championnats nationaux.

La deuxième place est revenue à Eleanor Greenspan-Ardman (M. Sc., Neurosciences), qui étudie le lien entre les marqueurs de la neurodégénérescence et les changements cognitifs observés dans diverses maladies mentales.

La troisième place a été attribuée à Charlotte Little (M. Sc., Psychiatrie), dont les travaux portent sur l’influence des facteurs environnementaux et sociaux sur la santé mentale des jeunes.

Enfin, le Prix du public a été décerné à C. Ellis Reyes Montes (Ph. D., Musicologie), qui s’intéresse aux pratiques musicales dans le Pérou colonial et à leur importance culturelle.

Le jury était composé de Laura Winer, associée principale aux activités professorales, Enseignement et programmes d’études; de Natallia Liakina, vice-provost, Rayonnement du français; de Justine Smith, critique de cinéma et programmatrice de festivals établie à Montréal et de Racchana Ramamurthy, boursière Vanier et doctorante en génie civil à l’Université McGill, lauréate du concours 3MT en 2025.

 

Un travail de synthèse fort éclairant

Gabriel Blanco Gomez, lauréat de MT180, volet francophone du concoursOwen Egan/Joni Dufour

Les participants et participantes ont souligné que le concours les avait amenés à voir d’un autre œil leurs travaux et leur façon de les présenter.

« Pour ma part, j’ai l’impression que dorénavant, je saurai exactement comment expliquer le sujet de ma thèse, déclare Kundan Noor Sheikh (Ph. D., Sciences de l’information). C’est la question que l’on redoute le plus au début : à peine a-t-on commencé à expliquer ce que l’on cherche à faire que, déjà, l’interlocuteur ne nous écoute plus. Je pense avoir réglé ce problème une fois pour toutes. »

« Cet exercice m’a vraiment permis de condenser le sujet de ma thèse », constate de son côté Ellis Reyes Montes.

Bon nombre des participants ont vu là une rare occasion de présenter leurs travaux à un auditoire de l’extérieur du milieu universitaire.

« Quelques personnes seulement vont lire ta thèse, fait observer Eleanor Greenspan-Ardman. C’est vraiment bien de pouvoir vous présenter à vous tous le fruit de notre travail. »

Eleanor y est allée d’un conseil à l’intention des futurs participants et participantes : prenez les choses une étape à la fois et abordez le concours comme une activité d’apprentissage.

 

Une expérience enrichissante

Lors de la séance de questions, Midhat Noor Kiyani (Ph. D., Sciences de l’éducation) a dit aux personnes étudiantes qui envisageaient de participer au concours que le doute faisait partie intégrante du processus, ce qui a suscité des hochements de tête complices et des rires de la part des autres participants.

« À un moment donné, vous allez vous dire : “Je ne sais absolument pas ce que je fais. Je ferais mieux d’abandonner”. Vous allez frapper un mur. Mais c’est à ce moment-là que le vent tourne. C’est après avoir frappé ce mur que les choses se sont éclairées, que j’ai vu dans mes travaux de recherche des choses dont je n’avais jamais soupçonné l’existence. »

Josephine Nalbantoglu a fait l’éloge des finalistes, des personnes curieuses qui ont soif de transmettre leur savoir, a-t-elle souligné, ajoutant que l’auditoire repartait « bien plus éclairé » qu’à son arrivée.

Par ailleurs, pour de nombreux participants et participantes, les retombées du concours ne se résument pas à 180 minutes de gloire. En effet, en apprenant à présenter clairement leurs travaux de recherche à des publics extérieurs à leur domaine, ils repartent mieux outillés pour enseigner, collaborer et ancrer leur travail dans la réalité.