Deux membres du corps professoral de McGill reçoivent des bourses de recherche Dorothy-Killam 2026  

Le Pr Wendell Nii Laryea Adjetey et la Pre Jill Baumgartner mèneront des recherches innovantes axées sur les systèmes carcéraux anti-Noirs et sur les risques sanitaires liés au climat. 
Jill Baumgartner et Wendell Nii Laryea Adjetey

Wendell Nii Laryea Adjetey et Jill Baumgartner ont reçu des bourses de recherche Dorothy-Killam 2026, l’une des distinctions universitaires les plus prestigieuses du Canada. Huit bourses ont été attribuées au pays.

Cette bourse, d’une valeur de 80 000 dollars par année, permet à des chercheuses et chercheurs en milieu de carrière de se consacrer, pour une période maximale de deux ans, à des recherches transformatrices susceptibles d’améliorer la vie des Canadiennes et des Canadiens. Grâce à ces fonds, l’établissement peut couvrir les frais liés aux fonctions d’enseignement et d’administration des lauréats.

 

Les systèmes carcéraux anti-Noirs dans les Amériques

Wendell Nii Laryea Adjetey, (Nii Laryea Osabu I, Atrékor Wé Nòyaa Mantsè), professeur agrégé et boursier William-Dawson au Département d’histoire et d’études classiques, a reçu la bourse pour son projet « Exploring Black Self-Determination, Carceral Systems, and Repression in the Americas, 1870-2000 ».

En tant que professeur d’histoire des États-Unis après la Reconstruction et de la diaspora africaine, le Pr Adjetey étudie les histoires sociales, culturelles, intellectuelles, politiques et militaires des luttes transnationales pour la liberté des Noirs qui ont relié l’Amérique du Nord au monde atlantique.

Cette bourse lui permettra de mener des recherches archivistiques aux États-Unis, au Canada, en Jamaïque et au Brésil, et de rédiger un ouvrage retraçant les origines des systèmes carcéraux anti-Noirs, depuis la terreur raciale de l’époque de la Reconstruction jusqu’à l’incarcération massive des hommes noirs entre les années 1960 et 2000, dont le but était de « mettre en quarantaine » les mouvements de libération des Noirs.

Le projet du Pr Adjetey devrait déboucher sur une analyse multidisciplinaire novatrice qui expliquera comment les hiérarchies raciales et sexistes sont établies et maintenues au sein de systèmes politiques qui privilégient certains groupes au détriment d’autres.

Le professeur dit vouloir utiliser l’histoire pour améliorer les programmes éducatifs dans les prisons du Québec et de l’Ontario, en particulier pour les personnes qui s’identifient comme noires ou autochtones.

Il est l’auteur de Cross-Border Cosmopolitans: The Making of a Pan-African North America, pour lequel il a notamment reçu le Prix d’histoire de la Gouverneure générale pour la recherche savante 2024 et le Prix du meilleur livre savant (de langue anglaise) en histoire du Canada 2024 décerné par la Société historique du Canada.

 

Recherche Sud-Nord sur la résilience climatique et sanitaire 

Jill Baumgartner, professeure et boursière William-Dawson à l’École de santé des populations et de santé mondiale, a reçu la bourse pour son travail sur des stratégies visant à réduire les risques sanitaires liés au climat et à renforcer la résilience climatique et sanitaire.

Les changements climatiques représentent une menace croissante pour la santé publique par l’intensification des phénomènes extrêmes, tels que les canicules, les inondations et les incendies de forêt. Les recherches de la Pre Baumgartner portent sur l’influence des conditions environnementales et sociales sur l’exposition des populations à la pollution et aux risques climatiques, et sur le rôle que les politiques publiques et les interventions peuvent jouer pour la réduction de cette exposition et de ses répercussions sur la santé.

Elle est également la première directrice du Centre sur le changement climatique et la santé McGill, pôle interdisciplinaire dédié à la recherche, au partage de connaissances et à l’élaboration de politiques, qui a ouvert ses portes à la fin de 2024.

Grâce à cette bourse, la Pre Baumgartner fera progresser la recherche sur la résilience climatique et sanitaire en tirant des enseignements comparatifs de deux villes où elle dirige des projets de recherche : Montréal et Accra, au Ghana. Les deux villes sont confrontées à des risques climatiques croissants, le réchauffement au Canada et en Afrique subsaharienne étant plus rapide que la moyenne mondiale. Pourtant, elles diffèrent considérablement en termes de climat, d’infrastructures, de gouvernance et de modèles de développement urbain.

En étroite collaboration avec des décideurs et des partenaires communautaires dans les deux villes, son équipe produira des connaissances sur les risques et les vulnérabilités liés au climat et à la santé et mettra au point des solutions de réduction des dommages. Ce travail devrait contribuer à combler des lacunes dans les recherches et les politiques publiques et à renforcer la collaboration entre le Sud et le Nord, tout en élargissant les activités de recherche collaborative du Centre sur le changement climatique et la santé McGill.