Des centaines de personnes rendent hommage aux militaires canadiens

Le lieutenant-commandant Alex Csank, vétéran ayant servi pendant 20 ans dans la Marine royale canadienne, lit le poème Au champ d’honneur (In Flanders Fields).Neale McDevitt

Le jeudi 6 novembre, sous un soleil d’automne radieux, des centaines de personnes se sont rassemblées sur le terrain de football du Cégep John Abbott pour la cérémonie annuelle du jour du Souvenir. Organisé en collaboration avec le campus Macdonald de l’Université McGill, l’événement a réuni des participants de toutes les générations pour rendre hommage à ceux et celles qui ont servi dans les Forces armées canadiennes.

Comme le veut la tradition, vétérans et dignitaires ont pris place au centre du terrain, entourés d’élèves du secondaire et du postsecondaire. Tout près, des étudiants en technologie policière du Cégep John Abbott escortaient d’anciens combattants tandis que, dans les gradins, les enfants des écoles primaires Pierre-Elliott-Trudeau, Edgewater et Saint-Patrick observaient la scène. Les élèves de l’école secondaire Macdonald, située à proximité, s’étaient rendus à pied à l’événement.

La scène témoignait d’un lien fort entre les générations, les plus jeunes découvrant le sens du service et les sacrifices de la Deuxième Guerre auprès de personnes qui l’ont vécue.

« La liberté d’expression, la liberté d’association et toutes les autres libertés ne sont pas gratuites », a rappelé l’adjudant-maître Rick Cartmel, du régiment The Black Watch. « Nous payons le prix de nos libertés en envoyant de jeunes hommes et femmes à la guerre. Personne ne déteste plus la guerre que les soldats, mais certaines choses valent la peine de se battre. N’oublions jamais leurs sacrifices. »

 

Un hommage solennel, un message intemporel

Salwa Karboune, doyenne de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement, s’adresse à l’assemblée.Neale McDevitt

La cérémonie de cette année a marqué les 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale le 8 mai 1945, en Europe, et le 15 août, dans le Pacifique. Cet anniversaire nous rappelle le poids de l’histoire et l’importance d’en transmettre les leçons aux jeunes générations.

« Nous sommes réunis ici aujourd’hui pour honorer celles et ceux qui ont porté l’uniforme pour défendre notre pays, et rendre hommage à celles et ceux qui le servent encore », a déclaré Salwa Karboune, doyenne de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement de l’Université McGill. « Nous nous souvenons de ceux qui ont été blessés dans l’exercice de leurs fonctions. Certaines blessures sont visibles, d’autres non. Nombre de vétérans vivent avec les deux. Leur loyauté et le prix qu’ils ont payé nous rappellent la valeur de la paix, de la liberté et de la démocratie. La paix ne peut jamais être tenue pour acquise; elle doit être protégée et réaffirmée chaque jour par la compréhension, le dialogue et la solidarité. »

Salwa Karboune a exhorté toutes les personnes présentes, et particulièrement les étudiantes et étudiants, à cultiver le Souvenir au-delà de la commémoration annuelle.

« Perpétuons l’héritage des anciens combattants par nos actions, nos paroles et notre engagement à bâtir un monde plus pacifique et plus juste pour les générations futures », a-t-elle déclaré.

Après la Dernière sonnerie, les anciens combattants ont effectué un salut militaire en hommage à leurs camarades tombés au combat. Le silence, solennel, ne laissait entendre que le claquement des drapeaux flottant au vent.

 

Macdonald et le service militaire : une histoire qui perdure

Si la cérémonie était tournée vers l’avenir, le cadre rappelait la longue tradition militaire du campus Macdonald. En 1914, lorsqu’a éclaté la Première Guerre mondiale, le Macdonald College ne comptait que 450 étudiants. Plus de 350 sont enrôlés. Trente-quatre ne sont jamais revenus. Pendant la Seconde Guerre mondiale, 525 membres de la communauté du campus, dont plus de 100 femmes, ont répondu à l’appel. Quarante-deux ont été tués.

Pour clore la cérémonie, des soldats du régiment des Grenadier Guards ont mené une procession jusqu’au monument commémoratif situé devant le Pavillon Raymond, où une couronne a été déposée. Sous le vent d’automne, anciens combattants, étudiants et membres de la communauté ont silencieusement planté de petits drapeaux unifoliés autour du monument.

Ce moment incarnait le sens de cette journée commémorative : le respect, la réflexion et l’importance d’honorer celles et ceux qui ont servi.