Conférence de Susan Stryker, pionnière des études transgenres

Son plus récent ouvrage, Changing Gender, « donne espoir à une époque très sombre pour beaucoup de gens. »
Susan Stryker
Susan Stryker

Susan Stryker, figure fondatrice et universitaire de renom dans le domaine des études transgenres, sera de passage à McGill le 5 octobre pour prononcer la conférence publique annuelle de l’Institut Genre, sexualité et féminisme.

Elle présentera son nouveau livre, Changing Gender: The History and Future of a Concept, publié en août dernier.

« À une époque où le sentiment anti-trans s’intensifie en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde, l’IGSF est honoré d’accueillir une pionnière des études transgenres », souligne Miranda Hickman, directrice de l’Institut et professeure agrégée au Département d’études anglaises.

« S’appuyant sur de solides recherches et connaissances historiques, Susan Stryker propose une analyse constructive de l’anxiété, de la précarité et de la peur qui caractérisent notre époque. »

La conférence s’inscrit dans les activités du Mois de l’histoire queer organisées chaque année à l’Université McGill.

 

Un domaine « en constante évolution »

Susan Stryker est professeure émérite d’études sur le genre et les femmes à l’Université de l’Arizona. Elle a occupé le poste de directrice de l’Institut LGBT+ et cofondé la revue savante TSQ: Transgender Studies Quarterly. Elle est actuellement chercheuse éminente invitée au Clayman Institute for Gender Research de l’Université de Stanford.

Sahar Sadjadi, chercheuse en genre et sexualité, suit de près les travaux de Susan Stryker.

« Susan Stryker a joué un rôle très important dans la création de ce que nous appelons aujourd’hui les études transgenres, tant dans le milieu universitaire qu’à l’extérieur de celui-ci », indique Sahar Sadjadi, professeure adjointe à la Faculté des arts et à la Faculté de médecine et des sciences de la santé. « Certains de ses premiers essais sont aujourd’hui considérés comme des textes fondateurs du domaine. »

Jayne Malenfant, membre du corps professoral adjoint à la Faculté des sciences de l’éducation et spécialiste de la diversité de genre et des questions 2ELGBTQIA+, abonde dans le même sens.

« Susan Stryker est depuis longtemps une figure de proue des études transgenres, rappelle Jayne Malenfant. Pour les membres de la communauté mcgilloise qui s’intéressent au sujet, ses travaux constituent un excellent point de départ dans l’exploration de ce domaine en constante évolution. »

 

Changing Gender

Dans son nouvel ouvrage, Susan Stryker retrace l’histoire politique et intellectuelle du concept de genre, depuis ses origines dans la grammaire ancienne jusqu’aux guerres culturelles du 20e siècle.

Jayne Malenfant, qui a très hâte de se plonger dans la lecture de l’ouvrage, indique que ses étudiants et étudiantes l’ont lu, et qu’ils sont « impatients d’échanger avec une universitaire de renommée internationale qui travaille sur une question touchant un grand nombre de nos champs d’études et de nos disciplines ».

Sahar Sadjadi, elle, a lu le livre et a été impressionnée par la « créativité, la curiosité intellectuelle et l’ampleur des connaissances » qui s’y déploient.

Touchant notamment à la sociologie et à l’anthropologie, ainsi qu’à la fiction et à l’art, le livre renferme des récits personnels sur la vie de l’autrice en tant que femme ouvertement transgenre. « L’ouvrage s’appuie sur un vaste éventail de disciplines, résume Sahar Sadjadi.

Susan Stryker y avance que le genre a pris différentes formes par le passé, qu’il peut changer à l’avenir – d’où le titre Changing Gender –, et que ce changement nous appartient.

C’est un livre qui donne espoir à une époque très sombre pour beaucoup de gens. »