
Pendant ses études de premier cycle à Édimbourg, Oliver Fernie a décidé de consacrer ses efforts à la recherche de solutions à la crise du réchauffement climatique. Oliver a constaté qu’à Glenrothes, ville d’Écosse située à quelques kilomètres de St Andrews, où il a grandi, les étés devenaient nettement plus chauds et les hivers, de moins en moins enneigés.
Il se souvient s’être demandé : « Est-ce que je peux faire quelque chose pour améliorer la situation? Comment est-ce que je peux faire avancer les choses? Si je ne pouvais faire qu’une seule action, laquelle serait la plus efficace? J’ai toute une vie et une carrière devant moi pour m’attaquer à ce problème. »
Il s’est alors tourné vers l’un de ses professeurs de génie à l’Université Napier d’Édimbourg, Stathis Tingas, pour lui demander conseil. Le professeur Tingas avait déjà rencontré Jeff Bergthorson, professeur à l’Université McGill, lors d’un congrès. Il a donc recommandé à Oliver Fernie de s’intéresser aux travaux du professeur mcgillois.
« J’ai fait des recherches sur Jeff Bergthorson et ses travaux sur les combustibles métalliques, et je me rappelle que c’était la chose la plus géniale que j’avais jamais vue », raconte Oliver Fernie. Après quelques échanges par courriel et une brève conversation, Oliver a posé sa candidature. « Quand j’ai appris que j’étais accepté, j’ai sauté de joie. »
Oliver reconnaît qu’il lui a fallu un certain temps pour s’adapter à sa nouvelle vie à McGill. Premier de sa famille à fréquenter l’université, il a d’abord vécu un certain choc, mais il a rapidement trouvé ses repères.
« J’ai noué des liens extraordinaires ici, affirme-t-il. Tout le monde m’a accueilli à bras ouverts. »
Son parcours au secondaire a peut-être aussi contribué à ce sentiment initial de dépaysement. Il a fréquenté l’école secondaire Glenwood, qui a figuré pendant plusieurs années au bas du classement des 364 écoles secondaires d’Écosse. Il reconnaît toutefois le rôle important de son professeur de physique, M. Davidson, qui l’a encouragé à développer ses aptitudes pour les sciences. Plus important encore, Oliver Fernie avait le sentiment que M. Davidson lui prêtait vraiment attention : « Beaucoup d’enseignants ne font pas vraiment attention à leurs étudiants. Lui, il s’intéressait vraiment à moi. »
Ce parcours a mené Oliver à l’Université McGill, où il a pu approfondir ses recherches, apporter une contribution importante à son domaine et faire une maîtrise, qu’il a terminée plus tôt cette année.
« L’Écosse est un pays riche à bien des égards, mais je trouve que les perspectives sont très limitées. On peut y gagner convenablement sa vie, mais il est difficile de gravir les échelons. On dit que les États-Unis sont le pays de tous les possibles. Moi, je pense que c’est plutôt le Canada », affirme l’étudiant.
À l’Université McGill, Oliver Fernie a ensuite cofondé Hydral Energy avec Jocelyn Blanchet, Médéric Chalifour et Jeff Bergthorson. Cette jeune pousse mise sur l’aluminium comme combustible recyclable et sans carbone pour stocker l’énergie renouvelable et la rendre disponible. L’équipe a déjà remporté une bourse Découverte du Fonds d’innovation de McGill, d’une valeur de 25 000 $.
L’entreprise conçoit actuellement un réacteur capable de produire, sur demande, de l’hydrogène et de la chaleur à partir de deux éléments : de l’aluminium et de l’eau. L’hydrogène et la chaleur servent ensuite à produire de l’électricité, à chauffer des immeubles ou à fournir de l’énergie motrice.
Compact, sûr et peu coûteux, l’aluminium permet de stocker l’énergie renouvelable indéfiniment. Cette capacité de stockage est particulièrement importante : l’éolien et le solaire produisent de l’énergie renouvelable, mais celle-ci doit pouvoir être conservée jusqu’au moment où l’on en a besoin. Les batteries et l’hydrogène se prêtent bien au stockage à court terme, mais deviennent coûteux lorsqu’il faut conserver l’énergie pendant de longues périodes, notamment d’une saison à l’autre.
Oliver Fernie est désormais entièrement engagé dans le développement de Hydral Energy. En juillet, son équipe a participé au Startupfest, où elle a tenu un kiosque.
Oliver Fernie reste animé par la même volonté : s’attaquer de front à la crise climatique. « Vous pouvez oublier les changements climatiques, mais eux, ils ne vous oublient pas », dit-il, soulignant ainsi la gravité de la situation et sa détermination à agir. Son parcours comporte aussi une dimension plus personnelle. En effet, le jeune Écossais nourrit une autre ambition.
« Je veux devenir Canadien », déclare-t-il.